NOTES
ces notes correspondent aux numéros insérés dans les poèmes de "Traverser le miroir" accessibles dans la colonne de droite du site
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1 -"Es tu d'Athènes" demanda-on à Socrate. et il répondit "Du Monde".L'idéal de l'Unité Humaine n'est pas une utopie récente. En fait, il s'exprime dans la plupart des religions et des
philosophies, corrolaire à la soif d'union à la Conscience Divine. Ceux qui s'éveillent à cette dimension se souviennent que le monde entier, l'Univers entier est leur pays. Pour la plupart des
hommes, cet idéal coexiste avec d'autres priorités identitaires . C'est une chose commune chez les êtres humains que de vivre dans les contradictions . Tant de tendances et d'intérêts divers
se partagent leurs aspirations. Même lorsque l'idéologie est mondialiste, qu'il s'agisse de capitalisme, d'islamisme ou de communisme , de nouvelles frontières sont créées simplement par des
approches différentes du mode de gestion de l'unité humaine. Les mots peuvent suggérer la nostalgie de l'unité perdue, voire l'abolir le temps d'une rencontre, d'une célébration,d'une comunion
artistique, mais par ailleurs les appétits, les hiérarchies qui divisent continuent de se fortifier.En théorie l'abolition des frontières est promesse d'une forme de paix, et en pratique ce sont
les frontières qui préservent la paix des ambitions insatiables des acteurs de tous les camps, pour qui l'ouverture des frontières n'est qu'une opportunité de conquête, de manipulation physique
et/ou psychique.Il faut donc que la citoyenneté soit un signe tangible d'autonomie et d'éducation pour que l'idéal de l'Unité humaine transmute les relations conflictuelles en relations de
coopération.
Les frontières , pas plus que leur ouverture ne sont pas automatiquement protectrices. Dans des temples hindous où l'on représente des yoguis siddhas ayant proclamé , comme Tirumoolar, que
l'humanité est une seule famille, on trouve aussi des écriteaux interdisant certaines salles aux non-hindous, et l'interprétation de ce terme , en pratique est appliqué à ceux qui ne sont pas nés
hindous, au sens sociologique. Les étrangers sont assimilés à des hors-caste. Ils en ont le statut religieux et en auraient le statut économique si celui-ci dépandait des hierarchies
traditionnelles du pays.Ces hiérarchies considèrent que c'est par un mérite karmique que l'on nait dans une population hindouisée ,ou que l'on se réincarne en homme plutôt qu'en femme .Il y a
un amalgame entre les moeurs et la spiritualité, chez la plupart des bhramanes, mais aussi dans la population.Et ceci, en dépit du fait que la religion siddhanta intègre dans sa mythologie des
siddhas ayant mis en garde contre la substitution des dogmes à la pratique.
"Un siddha", écrit Tandankurai Natesa Ganapathy (9),"est un libre penseur et un révolutionnaire qui refuse d'être décentré par quelque religion, rituel ou écriture que ce soit.Un siddha tamil dit :
"Est siddha qui a brûlé les sastras"(Agastiyar Jnanam-2,5 et aussi Bhadragiriyar,155).Les siddhas ne mettent pas le feu littéralement aux livres . Le sens est que pour l'homme de Connaissance, "les
Védas ne sont pas Védas" (Agastiyar Jnanam-1,7 et Bhadragiriyar, 147)".Un siddha est quelqu'un de réalisé par la Conscience Divine, et qui n'est pas lié par les injonctions des livres ayant codifié
les cultes avec en grande partie la matière des moeurs, dans l'hypnose du Surmoi social et de ses égrégores. Ce qui dans les Védas est authentiquement inspiration poétique propice à la
pratique évolutive, cela conduit le siddha au delà du sens littéral, au delà du corpus littéraire des Védas, qui , au mieux, n'a que la valeur d'une recette de cuisine, une fois écartées les sauces
des moeurs ,qui aura aidé à atteindre la saveur de la Réalisation,au delà des mots, dont le sens est relatif aux contextes Un siddha est quelqu'un dont la conscience a réalisé " le Soi au delà du
culte" : "Naturellement , les Védas montrent du doigt le but, mais ne le contiennent pas. La vérité suggérée par les Védas et les langages est comme un écho de la vérité, ou le reflet de la lune
dans l'eau. Une description ne peut jamais transmettre l'expérience elle-même.Tous les sastras, Védas, puranas, et toutes les sectes religieuses ne font que transformer les humains en animaux
conditionnés"
La méthode d'enseignement du siddha Agastyar a principalement consisté à s'incorporer dans les corps de yoguis qui lui sont réceptifs.Ainsi il y aurait au moins 37 différents siddhas ayant signé de
son nom leurs ouvrages. Il est bien évident que le degré de receptivité de chacun ne peut être considéré a-priori comme total. Les aide-mémoire des siddhas sont en général des poèmes qui se sont
transmis oralement, de façon chantée, et seulement tardivement de façon écrite. On peut imaginer que certains points de vue ont été altérés. Alors on comprend que pour l'auteur de l'Agastiyar
Jnanan, les sutras , les Védas ne puissent être considérées comme des espressions incontestables des diectives Divines. Toutes les religions se basent sur des textes dont l'authentification
historique elle-même n'est que partiellement établie. Renoncer à tout sens critique, comme le font les Témoins de Jéhovah dans leur lecture de la Bible, ou bien d'autres chrétiens, comme beaucoup
de protestants de Polynésie, dont les Bibles s'intitulent "Te parau a te Atua", la Parole Divine, cela contribue peut-être à préserver des cohérences communautaires mais de façon non évolutive.
Je peux donner un exemple de la façon dont ce processus de "conventionnalisation" (Sri Aurobindo) commence par germer même chez des yoguis sincèrement dévoués à répandre les
enseignements de leur maître. Le siddha Yukteshwar écrivit lui-même au XXème siècle, un ouvrage intitulé "la Science Sacrée". Or dans la traduction française, on lit que l'esprit critique est
classé parmi les vilénies de l'esprit humain. Les traducteurs devaient ignorer le sens de ces mots en français, et auraient dû traduire par "esprit de contradiction". Si Sri Yukteshwar avait
jugé que l'esprit critique, au sens français, était une vilénie, pourquoi, en tête de son ouvrage, se serait-il permis de corriger une érreur historique concernant les datations du Kali-Yuga, notre
âge sombre ? Or cette traduction a reçu un "imprimatur" ("autorisé par le Conseil des Publications internationales de la Self-Réaliation Fellowship", suggérant qu'après le décès de Sri Yogananda,
l'ashram est devenu "seul exécuteur testamentaire".
Un des courants du kalaripayat au Kérala ou du silambam en Tamil-Nadu attribue l'origine de ces arts martiaux au siddha Agastyar , tout comme les sannyasins kaylayavarga,et les médecins de la
Siddha Marma, tout comme les temples de l'Inde du Sud et de Bali se réfèrent au siddha Agastyar . Pour autant l'approche des doctrines siddhanta est variée comme la receptivité des chercheurs peut
l'être. Marx disait ne pas être marxiste, et de même les siddhas ne sont pas nécessairement siddhantas.En fait, dans un nombre important de kalaris la référence à Drona supplante celle
à Agastyamuni. Dans ces kalaris, selon Marc Lambert, on trouve même un gurrukkal (revue dragon de mars 2005) pour qui la respiration ordinaire ne devrait pas être un acte conscient dans le
cadre d'une remise au bon niveau du fonctionnement physiologique. Effectivement cela contredit tous les poèmes siddhas.Qui est donc Drona ?
Vyasa, l'auteur "mythique" du Mahabharata, et donc le théâtre dansé jusqu'à Bali mettent en scène Sri Agastyar et Drona. Drona, quoique Bhramane était le maître d'armes des Pandavas. Or
Ekalawiya, par l'observation clandestine, suivait également ses cours, caché dans la nature. Il construisit même une statue de Drona, le reconnaissant comme son maître. Finalement, à un
concours, il supplanta Arjuna . Pour Drona , il est impensable que l'on puisse supplanter les Pandavas sans en avoir le droit par son affiliation de caste.Etonnant, vu que lui-même
n'est pas de la caste guerrière : comment prétendre que l'ordre cosmique serait menacé par une infraction aux sastras traitant du Dharma.Drôna, voyant Ekalawiya le réverer avec un abandon total de
sens critique, selon les injonctions des sastras identifiant le Divin au gourou , lui demande alors l'ablation de son pouce .Ensuite, Drona se trouve combattre du côté des
Kauravas, comme Bhisma, tant ils ont de mal à démêler leurs affinités et allégeances contradictoires. La tragédie et les guerres sans fin des égos masqués découle donc de la confusion des valeurs.
Dans l'épopée, on voit aussi que Bhisma est assez lucide pour concevoir qu'au nom du Dharma et de la logique Divine, les humains soient capables de promouvoir officiellement l'adharma, le chaos des
moeurs.Mais il se trouve conduit à un dilemne par ses allégeances sociétales, assimilées à la parole donnée. Pour les siddhas, la recherche de l'Union Divine ne passe pas par les allégeances
institutionnelles. Or, comme le combat pour monopoliser les tribunes les distrairait de leurs pratiques, celles-ci se retrouvent dans un processus qui combine la démagogie à la manipulation
instinctive des égos, sauf lorsque des responsables, comme Rama devant Agastyar, ont le courage d'inverser publiquement les hiérarchiues. Mais ce n'est pas suffisant pour déjouer la paresse
intellectuelles des paroissiens, qui ont leurs directives institutionelles et leurs interprétations, comme dans l'Education Nationale en France.
On a vu à quel point le récit théâtral du Mahabharata, par la distanciation qu'il effectue en mettant en scène divers points de vue, introduit le sens critique que le dogmatisme bhramanique de tant
de sastras évite. Le kalaripayat s'intègre à ce théâtre dansé, car les techniques se transmettent par des chorégraphies, ce qui évite les dégâts que produiraient des affrontements réels. Un de ses
instructeurs, P.S.Balachandran, déclare :"Il n'y a qu'une seule religion,la religion de l'Amour; il n'y a qu'une seule caste, la caste de l'humanité . C'est aussi ce qu'enseigne le Kalaripayat.Dans
ma classe, il y a des hindous, des musulmans et des chrétiens, ils vivent comme des frères, il n'y a jamais de conflits.Le Kalaripayat enseigne de vivre fraternellement avec les autres. Il est
évident qu'il ne faut pas inculquer cet art qui peut être mortel à des gens qui sont des excités et n'ont pas le sens des valeurs. C'est au maître d'agir avec discernement"(31)
Dans la longue liste de siddhas que mentionne Ganapathy, on trouve, outre des natifs de Bharat (l'Inde historique), des noms chinois, égyptiens, arabes , hébreu. Peut-on limiter l'Inde à ses
frontières actuelles, alors que l'influence de ses civilisations anciennes a porté bien au-delà, en Europe, en Asie, dans le Pacifique, et de plus en plus en Amérique (22). L'Inde spirituelle est
en fait une Inde sans frontières. Et dans les milieux éduqués, il y a en Inde un universalisme de principe assez répandu, même s'il est bien plus compliqué d'obtenir des facilités de
résidence pour un yogui de nationalité étrangère, s'il n'est pas parrainé par une institution religieuse (12) que pour un fabricant de chemises en quête de main-d'oeuvre bon marché . Etrangement
cet universalisme théorique coexiste souvent, dans la vie quotidienne de ceux qui le professent, avec un castéisme qui , à l'intérieur du pays fonctionne souvent comme des frontières ailleurs sur
la planète. Chaque caste a d'ailleurs une perception différente de la spiritualité ,et chacun a ses déités favorites et ses interprétations. Une telle diversité existait déjà dans la société
hindoue antique, comme en Grèce, et les temples , dans les temps anciens, étaient supposés être des lieux d'échanges intelectuels. Certes les noms de Krishna, de Siva, et les références
mythologiques des peuples de l'Inde et du Sud -Est asiatiques, même s'ils sont devenus bouddhistes ou musulmans, constituent fournissent des formes d'identité commune à ces peuples, mais dans la
mesure où ces noms, même pour les sastras, ne sont que des expressions circonstanciées du Divin, on pourrait penser que l'identité commune de l'humanité se mire également dans le nom de Dieu, de
God ou d'Allah.Ce serait compter sans les courants philosophiques athées issus d'Europe et d'Inde même.
On peut surtout constater qu'il y a plus de ressemblance entre un hindou , un chrétien et un musulman voire un athée pour qui la spiritualité est développement de vertus quotidiennes, qu'entre des
dogmatiques et des sages au sein de la même religion ou idéologies. Il est clair qu'au nom de Dieu ou de la Raison, ce qui est en fait la même chose si on débarasse le nom de Dieu de toute
connotation superstitieuse, et qu'on le définit par "Amour et Conscience de Vérité", même au nom des vertus théoriques que toute l'humanité dit respecter aujourd'hui, on continue de justifier la
réification de l'être humain , sa réduction à une conscience matérielle, et même à l'acculer à un conditionnement de plus en plus total : la planète est tellement quadrillée, jusqu'à l'île Caroline
(32), qu'il est est plus en plus difficile de vivre en ermite à l'écart des des exigences des sociétés dominantes, comme cela était possible en des temps de faible population humaine. Or, même si
la population planétaire est largement économiquement et spirituellment manipulée, elle est accoutumée à une telle démagogie de la part de ses manipulateurs conscients ou inconscients, qu'elle
finit par s'identifier aux modes et conceptions dominantes, et que la démocratie ne semble plus avoir été institutionnalisée que pour protéger ceux qui dans une société totalitaire ne pourraient
être que des dissidents persécutés.
Cette démagogie s'exprime même dans l'éducation laïque et pas seulement dans les sectes. Alors évidemment ,on considère comme utopique , irréaliste, voire inhumain d'évoquer face à un public les
efforts et les renonciations qui seraient nécessaires à chaque individu pour fonder enfin une civilisation universelle harmonieuse, ou simplement pour mener une vie équilibrée au grand air. En
Europe, le mythe du Paradis polynésien , tout comme le mythe de la sagesse orientale se sont construits dès le départ sur des connotations politiques démagogiques. Dans les faits ,j'ai observé que
généralement les personnes de toutes ethnies qui se sont trouvées être en mesure de pouvoir organiser leurs vies sur un rivage désert du Pacifique ou près d'un yogui compétent mais hors
institution, manifestent immédiatement des manques chroniques de tout ce qui concerne les habitudes auxquelles elles sont addictées, sur le plan psychique , nutritif , matériel et autres, même si
ces attachements sont liués à ce qui a pollué leur vie individuelle et l'athmosphère même de la planète à un degré grave .L'humanité est aujourd'hui à la croisée des chemins, telle Faust ayant à
choisir entre les potions de la sorcière et une vie simple dans la nature. Si elle ne peut affranchir sa conscience des désirs indésirables pour un épanouissement yoguique, où l'intériorisation est
la mesure du possible, elle ne peut qu'accroître sa deshumanisation par la logique économique de ses attachements. Le pari que la majorité de l'humanité fait actuellement sur l'accroissement des
richesses extérieures est une fuite en avant spirituelle . Les modalités du partage, certes, sont difficiles à définir dans la mesure où peu d'être humains se contenteraient d'un espace vital et
cultivable où se consacrer à la connaissance évolutive soit la démarche essentielle de la vie. Donc, on assiste à un affrontemment entre prédateurs d'idéologies diverses, et c'est cela l'actualité
du Natya-Véda, la nouvelle guerre du Mahabharata. D'un côté, les rapaces se font des alliés en se faisant les garants d'une démocratie palpables, et de l'autre, les innommables fanatiques
promettent à chaque musulman 3O OOO dollarsUS par an le jour où ils auront obtenu le contrôle des puits de pétrole.
Cette situation n'est possible que parceque la majorité des êtres humains a pris ses habitudes matérielles ou spirituelles pour identité, et y reste attachée comme l'alcoolique à sa boisson,
et donc à son délirium trémens. On dira que c'est la démocratie, ou bien "Vox populi, vox dei". . Or, comme tentait de le montrer Montesquieu, la démocratie ne peut survivre lorsque la majorité des
citoyens ne sont plus conscients des responsabilités inhérentes à sa viabilité. Ou alors le mot démocratie ne désigne plus un régime de société où la liberté d'opinion des minoritaires est
préservée par la séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. De fait, si les opinions très pluralistes des siddhas furent censurées jusqu'à des autodafés par le bhramanisme en
Inde, c'est le goût de pouvoir des prédicateurs, la démagogie des politiciens et la veulerie générale qui fait la loi du marché où la distraction est idolâtrée, qui aujourd'hui marginalise
les enseignements spirituels pratiques consistants. Mais les enseignements de vraie sagesse, par leur exigence même, paraissent très excessifs même aux êtres humains qui les valorisent
théoriquement. Plutôt que de changer d'habitudes de vie et de pensée, les êtres humains mortels sont près à souffrir toutes les guerres et maladies, elles leur paraissent moins impitoyables .Ainsi
que l'écrivit le siddha Boganathar :
"Au milieu de la grande vague d'erreur et de misère humaine
Les mortels emportés par la puanteur des frustrations
Ont considéré les vrais sages comme des pédagogues sans pitié
Alors qu'ils avaient invité chacun à traiter son prochain avec respect.
Et on vit dans le monde les mauvaises actions commises au nom de Dieu,
les guerres ignorantes, les meurtres, la sexualité déspiritualisée
Les égos sans cesse dilatés, la colère, la vanité, l'avarice, le vol, la convoitise...
Bref au nom de la justice Divine on continue d'agir
De sorte à mourir avec la malédiction de renaître
Par le karma des désirs tordus"
Les"vrais sages" sont souvent perçus comme des "pédagogues sans pitié" ? Parce que le sacrifice qu'ils suggèrent est celui d'habitudes physiques , mentales et émotionnelles qui ne permettent pas
l'évolution. Ce sacrifice n'est pas exigé, ce serait impossible en profondeur, il dépend de la part de liberté irréductible de l'être humain. mais ça lui est généralement extrèmement pénible de
l'envisager. Il y a une résistance intérieure à la vérité, parfois même lorsqu'on en est partiellement convaincu, et qui fait préférer l'enseignement démagogique (25). Cette résistance est menée
par l'égo qui s'identifie à ses habitudes. Les politiques dites de rigueur sont-elles pour autant toujours des politiques de sagesse ? Certainement pas si elles visent à réaliser le partage du
superflu dans la population , ou pour une caste, au dépens du partage de l'essentiel. Après qu'au cours du XIXème siècle, les maladies introduites surtout par les baleiniers aient largement décimé
la population des îles polynésiennes, beaucoup d'îles se retrouvèrent avec quelques centaines d'habitants ayant accès à des plantations réalisées pour des milliers d'habitants. Les survivants pour
autant ont rarement saisi l'opportunité de cette prospérité de type taoïste pour se consacrer à l'étude évolutive. A moins qu'on ne considère comme étude évolutive la suggestion intégriste que la
Bible soit le seul livre digne d'être étudié. Il est facile d'assimiler un tel intégrisme ou la dégénerescence par l'alcool par la colonisation forcée, lorsque cet intégrisme théorique (assorti
d'un laxisme complet) devient le pilier argumentatif dominant de l'anticolonialisme à Tahiti. Dans toutes les populations des terres émergées de la planète Terre, c'est la paresse
intellectuelle, les addictions distractives, les atavismes de la majorité qui sont le frein à l'évolution supramentale de l'humanité, et qui fournissent des comptoirs pour les sectes, les
politiques et les commerces le plus polluants. Certes la question de la pollution , comme celle de la santé ne peut être évalué que selon les distinctions que la conscience individuelle fait entre
le bon et le mauvais. Ainsi s'oriente la destinée de chaque espèce, cancrelat ou papillon. Et c'est en le dansant, intérieurement et extérieurement que se comprend l'Oracle de l'Oiseau du Paradis.
En Papouasie, déjà à l'époque pré-chrétienne, l'oiseau de Paradis était chassé à la saison des amours, où il est vulnérable, par les tribus qui accordaient beaucoup de valeur à sa parure, pour se
l'attribuer.
Le siddha Ramalinga Swamigal, dont les pandits (érudits se targuant d'être des autorités en matière de siddhanta) déniaient devant un tribunal le droit d'utiliser le mot Divin dans le titre de son
livre, écrivait : "O dieu ! Amour éternel ! Seulement pour m'offrir le corps d'or, l'amour universel s'est fusionné avec mon coeur. En te laissant te fondre en moi, ô amour suprême, Tu as, avec
la lumière de la grâce, opéré une opération chimique en mon corps", puis : "je suis maintenant dans ce corps-ci, mais après un certain temps, j'entrerai dans tous les corps de Sa création.
Fermez la porte et verrouillez la dehors. Si on ordonne d'ouvrir la porte, on trouvera la chambre vide" Ce qui fut vérifié en 1874, et l'enquêteadmiunistrative anglo-indienne ne put expliquer sa
disparition. Il avait dit : "Nous avons ouvert le trésor, mais personne n'en voulait. Nous le fermons donc."(10)
2 -Le siddha Pampattic écrivait :
"Nous allumerons le feu dans la discorde des castes.
Nous danserons aux carrefours et sur les routes
Nous répondrons à la chaude demande d'amour de la femme
Nous vagabonderons à travers l'Univers entier
Dans l'oubli des naissances souillées
Et nous danserons la transe en plein air sans chercher de public
Débarassés des sens obscènes
Nous danserons au-dessus du mental
Nous consumerons les discours et les procès par nos capacités de digestion
Et nous nous affranchirons de la naissance et de la mort"
Le Véda du théâtre dansé, ou Natya-Véda, selon la mythologie, fut enseignée par Siva à Bharata, afin que soient retrouvés le sens de tous les traités passés entre les hommes, et les conditions de
l'harmonie entre la femme et l'homme(30).Dans le Bharat-Natyam, il existe une danse, dite de Siva, qui raconte comment des hommes supposés sages mais en fait devenus arrogants tentent de détruire
Siva, en lançant sur lui un tigre, puis le démon de l'ignorance, qu'il piétinne. C'est le début de sa danse de destruction.
Il existe une quantité de commentaires, les uns académiques, les autres superstitieux, d'autres psychanalytiques, voire structuralistes sur la mémoire qui a été gardée des quatre Védas. Nul doute
que cela puisse être parfois utile ,quoique là encore seule la pratique personnelle puisse dégager des valeurs. Cette masse de commentaires "autorisés " contraste étonnamment avec le dédain
professé pour le Natya-Véda, dont on tolère difficilement qu'il ait pu être nommé "le cinquième Véda", et que les scribes spécialisés tiennent généralement pour accessoire, illustratif et
superficiel . Le Natya-Véda est assimilé à ses traces scripturales, les versions littéraires du Mahabharata,ou les aide-mémoire de danse du Natya-Sastra (natya signifie : danse).
Siva est reconnu comme à l'origine de la danse sacrée à travers son disciple Bharata mais aussi de la transmission siddha à travers son disciple Agastyar. Néammoins, dans le monde
bhramanique, l'aspect significatif des savoirs en jeu dans le Natya-Veda ou la poésie siddha est réduit à un corpus mythologique et folklorique moins instructif que les diverses
constructions metaphysiques, assorties d'incitation morales et sociales , et qui sont les théories officielles des divers courants de l'hindouisme, ou sanatana dharma. Au mieux, les activités
artistiques sont développées dans les ashrams en direction de la jeunesse, mais les adultes sont supposés avoir atteint un degré de maturité supérieur. En Europe, le mot folklore est même
devenu péjoratif. Le folklore est supposé être moins riche de sens que la mode . Sans doute est-ce parce qu'il a souvent survécu comme une simple mode traditionnelle et atavique, un académisme
jaloux de ses particularisme. C'est la télévision qui est supposée convenit à l'éducation permanente de l'adulte, qui y cherche davantage des moyens de distraction que des des moyens de
communication évolutive avec ses contemporains, ce qui était le rôle du folklore.
Avant que leurs chants soient consignés par écrit, les yoguis siddhas se trouvèrent souvent impliqués dans le folklore ,qui , lorsqu'il n'a pas sombré dans la caricature,esquisse une tentative
d'éducation globale, incluant toutes les dimensions de l'être, et pas juste la dimension mentale.L'évolution humaine reste ostentatoire si elle ne se cherche que sur le plan mental. Les mots
eux-mêmes ont un sens qui changent selon le contexte et la pratique qui leur est associée. Le Natya-Veda est un langage qui combine les plans astraux, matériels et akashiques en relation avec la
réflexion mentale, vide mental inclus , et cela est possible dans par le chant et la danse, les mots n'étant qu'une fraction de ce langage global qui leur permet de dégager la signification des
actes des projections et des circonstances sociales. Quand on parle d'art sacré, on parle généralement d'un art illustratif d'un système de croyance. Et quand on parle d'origine de la musique, on
parle de magie. De mon point de vue, on peut parler d'art sacré lorsque celui-ci n'est que secondairement un spectacle, mais d'abord une quête du possible en relation avec la Conscience
Divine. Du possible gestuel, intérieur, perceptif. Chaque art est ainsi un outil central pour l'art global de la Vie, le Yoga.
Or la danse en Inde, comme ailleurs, subsiste davantage comme une pratique sociale que comme une quête de la connaissance supramentale de la Râs-Lila cosmique.Dans les familles aisées ,
l'apprentissage de la danse est le plus souvent associé à la préparation de la cérémonie du mariage. A l'issue de cette cérémonie,la pratique en est généralement abandonnée comme inconvenante pour
une mère de famille . Quoique le caractère sacré de cet art soit éventuellement mentionné, je n'ai jamais entendu qu'il soit explicité . Le caractère sacré parait être une éévidence dès lors que
l'on met en scène des personnages de la mythologie, qui sont des symboles religieux . Serait-ce que l'on nomme sacré ce qui a une importance pour la coutume sociale ? Ou bien ne devrait on nommer
"sacré" que ce qui peut être susceptible de manifester la Conscience Divine ? Même lorsqu'une partie de la population accède à une compréhension des symboles, leur signification peut se réduire
à des conventions. On peut convenir qu'écouter la flûte de Krishna, c'est écouter la musique des sphères, ou que la danse de Siva évoque les transformations de l'Univers.Mais dès qu'il est
question de l'aspect évolutif de la connaissance, en Inde comme en Europe et ailleurs dans le monde, cela devient une affaire de spécialistes, ou plutôt de théoriciens. Quant à l'artiste, il a
généralement tendance à réduire sa conscience à celle d' un saltimbanque, qui fait preuve de virtuosité et d'inspiration, mais qui laisse aux lettrés venus l'écouter le soin de formuler des
explications sur le sens sacré de l'art. L'interprète a certes la certitude d'évoluer davantage par la pratique que par la théorie, et le créateur, le plus souvent, éprouve le besoin
d'affilier sa pratique aux représentations mentales de son époque . A force de vouloir s'insérer dans son époque, le créateur l'illustre plutôt que de proposer des espace-temps où elle ne se
reconnaîtrait pas.
La transmission des arts connait, comme la transmission des textes, la pesanteur du conformisme social généralisé, qui permet aux sociétés de valoriser à la fois les atavismes et de l'aspiration à
l'évolution.La contradiction n'est pas souvent perceptible pour celui qui s'en tient aux textes, à leur interprétation actuelle, comme si tout n'était que jeu de rôles dans l'apprentissage. Pour
que les étudiants accèdent à des points de vue qui ne soient pas académiques, il leur faut développer leurs propres capacités d'analyse, et s'ouvrir à des points de vue qui ne sont pas
résumés dans les pédagogies conventionnelles. La légitimité de l'interprétation théologique restant l'apanage des théoriciens des tribunes "autorisées" (par le flux des financements), qui,
parmi eux, et ceux qu'ils co-optent, reconnaitra qu'il puisse exister un langage pluridimensionel où le poids des mots est relatif à celui des sons, des rythmes, des élans évolutifs de la
gestuelle, et que la compréhension de la grammaire du Natya-Véda nécessite la plus moderne des ouvertures d'esprit, pour que celui-ci ne se réduise pas à des spectacles?
Cette ouverture d'esprit , on la trouve depuis l'antiquité chez les yoguis siddhas. Ils ont privilégié la pratique, la méthode qui conduit à la libération de l'âme, à l'éveil de la kundalini
qui n'est pas mystifiée comme quelque chose de quasiment inaccessible. Ce qui la rend inaccessible, c'est le jeu de rôles des hierarchies supposées y conduire. En Europe, on a cessé de considérer
que les hierarchies cléricales ont, par leur existence sociale, compétence privilégiée sur l'explication des Evangiles. En Inde ou à Bali, le chercheur natif ou venu d'ailleurs ont tendance à
perpétuer la sacralisation des hiérarchies sociales du savoir, et perçoit rarement qu'il s'agit d'une conception similaire à celle de l'infaillibilité papale.
Le Véda du théâtre dansé propose en fait des équations mythologiques dans les dimensions physiques, astrales,mentales, causales, afin de pouvoir accéder à la dimension supramentale de l'akasha
Divin. Loin d'être illustratif, le Natya-Véda fournit les clés du langage même des formes et des espèces. Danser les mythes, c'est placer la conscience dans une algèbre
symbolique, rythmique, corporelle, émotionnelle, et ces clés ne peuvent être décrites complétement par les seules langues écrites. Le théâtre dansé peut être vécu comme un laboratoire de
l'évolution, une approche des caractères humains dans leurs manifestations modifiables, une échappée hors du narcissisme et du manichéisme. Si on réduit la danse à l'illustration des textes, en
évacuant les savoirs gestuels, il ne subsiste qu'un théâtre sans relief nuancé, ce qui favorise l'approche narcissique et manichéiste.
L'intérêt des divers styles de danse dès lors qu'on les place dans la perspective du Natya-Véda, est de proposer des modes de manifestation du corps, de l'esprit, de l'espace et du temps qui ne
soient pas strictement dictés par le conditionnement social ou biologique. Les métamorphoses deviennent un champ d'expression de l'identité humaine, et elles ont lieu selon les priorités
spirituelles ou matérialistes des personnages, pas nécessairement en fonction des croyances proclamées.Et ce processus, qui nécessite une distanciation par rapport à tous les rôles, nous éclaire
sur l'archéologie ou le devenir des espèces, en nous prémunissant contre l'hypnose des conditionnements sociaux. La finalité de ce Natya-Véda n'est pas la sublimation des moeurs, et
l'approcher comme un produit ethnique par une étude sociologique crée un amalgame invérifiable entre les moeurs d'une population et celles de ses mythes."Pour les siddhas", dit l'Uddhava Gita (11),
"leur lieu fut au-delà des trois mondes"(mental,astral et matériel). La vie quotidienne apparait ainsi comme un théâtre, un jeu de rôles où le yogui est conduit à jouer, mais, en en comprenant la
logique, il cesse de s'identifier au spectacle des conditionnements du samsara.
Alors nous dira-t-on peut-être, pourquoi y aurait-il encore besoin de danser ?L'immobilité, éventuellement assortie d'une activité de scribe, serait-elle l'unique terminal de la vie yoguique
?
L'immobilité, et le vide mental sont certes précieux. Mais même si nous devons nous garder de nous identifier aux formes , nous sommes de toute façon aux prises avec une forme par le simple fait de
l'incarnation. Même si l'on ne souhaite aucune réincarnation en nous réfugiant dans la Lumière Divine, nous avons aussi la possibilité de faire descendre cette Lumière dans notre vie physique
et émotionnelle, par un jeu évolutif. Les arts martiaux sont un théâtre dansé à pédagogie guerrière, et pourtant il en a résulté des gymnastiques capable de rééquilibrer l'énergie. L'autre
face du théâtre dansé est le tâtonnement du corps vers le possible évolutif à travers les rythmes cosmiques. Les arts martiaux révèlent les ressorts de l'égo, dans la forme de l'espèce
humaine incarnée, ils aident à dissiper les projections que nous faisons sur nous mêmes, et, pour les pratiquants spiritualisés, contribuent à un accroissement de paix intérieure . Cette paix
intérieure peut s'accroitre par la reddition de la conscience individuelle à la Conscience Divine , et est la base aussi bien du renoncement que du jeu cosmique. Voilà pourquoi Sri Khrisna est
représenté comme un enfant qui joue de la flûte et danse avec les vachères : toutes les prospérités sont siennes, et parmi elles , celle du renoncement, nous dit la Srimad-Bhagavatam. La Râs-Lila
de Sri Krishna st le jeu cosmique des saveurs Divines, de toutes les vertus colorées comme Holi, la fête des couleurs. Dans de nombreux textes siddhas le yoga est encouragé à pratiquer la sexualité
tantrique, se basant sur la capacité de retenir le sperme à volonté. Le natya-yogui vit dans le détachement l'immobilité comme le mouvement. C'est ce qui lui permet d'être spectateur et acteur de
l'offrande Divine, qui ne saurait se limiter aux mouvements du scribe.L'opposition n'est pas entre le célibat et la vie de couple, voire la polygamie ou la polyandrie, ni entre le mouvement et
l'immobilité. Elle est entre la Vie illuminée dans son souffle quotidien, et la vie enchaînée aux attractions et répulsions charnelles. Là encore, établir des dogmes, c'est limiter l'expérience au
plan de l'incarnation. Or ce corps est un outil, un temple. Il n'est prioritaire ni pour être idolâtré, ni pour être dénigré. Certains imaginent que pour trouver le Divin, il faut aller dans les
Himalayas, à Jérusalem ou dans d'autres lieux de pélerinage. S'ils en sont persuadés, peut-être alors seront-ils préparés à en recevoir des rayons. Mais le livre Divin est ouvert partout dans
l'Univers. Parceque nous sommes centrés sur notre nombril, par lequel nous nous nourrissions, nous ne pouvons pas jouir de la Création Divine, car sans cesse elle crée et détruit. Nous nous
attachons donc aux moments de permanence charnelle, mais ils sont précaires. Mais plus nous nous établissons plutôt dans la permanence du rayonnement Divin, plus l'Univers nous apparait dans sa
dimension paradisiaque.
Certes ce qui est paradis pour le siddha sera peut-être perçu comme enfer par celui qui ne voit le paradis que dans les jouissances mondaines. Un homme qui s'était rendu en pélerinage à Jérusalem
me dit que s'y trouvait, dans une salle, un rocher sphérique, posé sur une surface plate, et qu'un écriteau indiquait : ce rocher est le centre du monde. cet homme resta longtremps à le
contempler, puis s'apercevant qu'il était seul dans la salle, il fit rouler un peu le rocher. De même, à l'île de Pâques , à l'époque où on ne s'y déplaçait qu'à pied ou en cheval, il n'y avait pas
de routes goudronnées, on me montra un rocher presque sphérique, qui en pascuan, était aussi appelé "le nombril du monde". Tel est le théâtre que se joue l'humanité dès qu'elle se place du point de
vue mortel. Tout acte est magie (12). Ce qui empêche l'être mortel de rendre efficiente la magie de ses actes, c'est l'abondance contradictoire de ses désirs, de ses illusions. Si néammoins un peu
de discipline commence à rendre la magie opérante, l'homme se perd d'obtenir ce qu'il avait désiré. A moins qu'il ait désiré avant tout l'Union mystique en Dieu. Alors progressivement, il
renonce à sa propre magie, qui a engendré son espèce dans ses limites, et sa forme un étudiant perpétuel devant Dieu . Qui dira à quel point il a réalisé l'Union, par la Connaissance ou
la Grâce, de façon intermittente ou permanente ? Certainement pas une autorité mortelle. A ce point, toute ambition dans le monde mortel est éteinte, mais il se peut que la forme de l'étudiant
doive continuer à faire un travail spécifique. Etre dans une forme de chair et avancer dans l'Union Divine, c'est en cet âge sombre brûler ses repères dans le plan mondain. Celui-ci, impitoyable,
cruxifie spectaculairement ou sans témoins ceux qui lui portent ombrage, qui ne payent pas leur dîme, qui ne font pas acte de reddition. Le Natya-Véda ouvre des portes sur le Paradis des Immortels,
et donne le mode d'emploi pour vivre dans ce monde, sans être piégé dans aucun rôle. Tel est le Théâtre sacré de l'Oiseau Hamsa.
L'enseignement du théâtre dansé et la créativité dans cette perspective permet de cerner les enjeux de l'évolution avec un vocabulaire symbolique : chaque animal , chaque esprit, chaque caractère
du Natya-Véda rend palpable des orientations de la vie quotidienne, à mi-chemin entre la virtualité des concepts et la logique de concrétisation des options.Le caractère très relatif des mots selon
tel ou tel contexte fait qu'ils ne suffisent pas à établir une conscience claire de ce qui se passe dans notre vécu. Cette relativité des mots s'illustre nettement dans les malentendus existant
entre les diverses sphères culturelles de l'humanité, mais aussi de façon plus subtile à l'intérieur des groupes croyant parler le même langage. Même le langage utilisé pour les philosophies
d'origine indienne prête à une multitude d'interprétations.Certes je fais usage d'un certain nombre de ces mots, en rappelant la priorité accordée par les siddhas à la pratique du travail sur
soi-même : elle seule accouche plus ou moins du sens.