Traverser le mirage - 02 : Méditerranée , Brésil , Pacifique

*
BAIE DE VAIARE
Moorea


A l'arrière du ferry comme à l'avant
Parmi poulies géantes et cordages
Au crépuscule ou à l'aube :
Hatha-Yoga, pranayama
Baigné dans la brise du large

Dans la baie de Vaiare jadis
Un simple quai, et un îlot
Avec des pins aito, un cocotier.

Au dessus, la montagne percée
Par la lance du Dieu Hiro
 Plus tard Riro dira : "c'est mon ancêtre
J'en porte le nom" (image 82)

Devant la proue
Caracolent les dauphins

Plus loin dans le détroit de la Lune
S'accouplent des baleines
Après un long, très long voyage.

*
COTE EST, MOOREA




Sur le petit pont de Maatea
Passent les cyclistes.


Des buissons de fougères
Croissent sur des îlots minuscules.

Moorea
Mille fois je te sillonne
Dans tous les sens
Le matin par les baies du Nord
Le soir par les baies du Sud.

Le matin survolant la plage vierge en avion biplace
Et le soir encore au crépuscule
La vitre soulevée et l'air qui refraîchit la face

Le petit avion se penche vers le récif
Le petit avion se penche au-dessus du lac
Le petit avion se pose.

    Puis le vélo parmi les fleurs
    Géantes, de toutes les couleurs!
  Année après année ...

*
COTE SUD, MOOREA



Au volant de l'automobile
Je vois surgir la baie du Sud
Tous les deux nous serons bientôt
A la maison, au bord de l'eau.

Sous les pilotis, mon atelier
Bambous coupés dans la montagne
Harpe éolienne, flûtes de pan, flûtes nasales (vivo)
 Toiles et tubes de couleur.

Le siège est un rondin de cocotier.

Au volant de l'automobile
La Mehari violette qui revient du port
Je pense à ce que tu disais
De notre vie nouvelle de ce côté de l'île...

Je pense à nos baisers dans la douceur du matin
Je pense à toi qui danse.

Je chante
Pinçant les cordes de la main gauche
Frappant le tambour de la main droite

Je pense à ces oiseaux venus de très loin
Difficiles à voir,  ils volent très haut
A l'abri de tant de maux.

*
COTE OUEST, MOOREA
Varari


Au dessus de la plage secrète
Est un chemin bordé de dragonniers ...

Au loin : la maison
Où Christine répare une robe jaune
Pendant que dans le séchoir durcissent les tranches
Des mangues ramassées chaque jour.


Sur le chemin de Varari
Une femme avance vers l'église
Cheveux pliés sous son chapeau
De paille, couronné de fleurs.

Elle a mis des talons trop haut
Et marche difficilement...

Moi je m'accroche aux acacias
Pour descendre la pente raide
Je vais chanter en dansant
Sur ma plage secrète à marée basse
A l'ombre des manguiers célestes !

C'est la saison des mangues
Elles ont roulé ce matin sur le sable
Et j'en remplis un grand panier.
*
ESTUAIRE D'U'UFAU
Varari


Ce petit fleuve que j'aime tant
Jamais plus large qu'un torrent
Se jette à Varari dans le lagon.

Mon regard  devine son passage à travers la forêt
Des grands arbres qui tintent dans l'été.

Eté  perpétuel
Eau chaude du lagon
Ile surgie d'une explosion
Que l'érosion n'a pas eu le temps d'arrondir.

Femme longuement posée dans l'eau
Tu contemples l'horizon, le récif
Tu devines ce que sont là-bas les vagues pour le surf
Et tu vois quelquefois les baleines passer
Avec leurs grands jets d'eau surgis du dos …
Ecume.

La rivière U'ufau se répand dans le lagon
Au milieu des galets
Puis sur le sable des hauts-fonds

*
DEUX OISEAUX
Varari


Sur l'île Moorea, à Varari
Dans la paix chaude de la Mer du Sud
Deux oiseaux s'aiment et se le disent
Ils sont perchés sur des poteaux
Plantés dans la mer.

Sur le rivage le bateau à moteur
Est en réparation
A l'ombre des cocotiers.

Plus loin : des pins, des flamboyants
Aux fleurs rouges
Comme le soleil couchant .

Les poissons se déplacent par bandes
Les poissons jaunes rayés de noir
Ils se réfugient parmi les jambes
De la mangrove aux feuilles vertes.

Je joue de la flûte en ces lieux
Je marche dans l'eau à pas lents
Mon amour ,accompagne moi
Fais sonner le ukulele
Suspendu à ton cou par un tissu bleu

Chante pour multiplier
Les jours et les nuits de l'amour
Prions pour n'être jamais sourds
A la splendeur douce du jour

*
LES BASSINS D'U'UFAU
Varari



En cheminant dans le lit d'U'ufau
Parfois tu trouves un très ancien outil
Parfois tu longes un marae
Sanctuaire de pierres noires

Englouti par la verdure.

Bondissons
En amont du torrent
Asseyons nous dans les bassins d'eau fraîche
Blottis contre les petites cascades (image 74)
Qui caressent nos épaules.

Parfois une chevrette minuscule
Mordille le bout du pied ou la fesse
Alors tu sursautes, surprise.

Les grands arbres mape
Drapés comme des orgues
Enfoncent  leurs racines même dans l'eau.

Sur une large pierre j'ai gravé
Un pétroglyphe avec mes rêves.

*
LES SOURCES D'U'UFAU


Où donc surgit la source
De la rivière U'ufau ?

Entre de hauts pans
Nous cheminons dans le torrent

L'ombre est épaisse et parfois je t'attends.

Mes jambes comme des élastiques
Bondissent et dansent
D'une pierre à l'autre.
Infini ...

On est déjà haut et on voit
A travers les arbres parfois
Les cimes des montagnes.

Tu t'assois dans le ruisseau menu
Entre les feuilles des fougères je te vois toute nue
De tous côtés des ruisselets convergent par milliers.

La source est-elle partout ?



*
CEREMONIE A ELLE
Forêt d'U'Ufau


Tu t'es couchée sur le tronc penché d'un arbre mape
Et moi à genoux sur ses racines
J'ai longtemps , très longtemps sucé ton sexe végétal.

Sur un vieux temple de pierre semblait chanter
Une Déesse-Mère
La Mère de la Fertilité
Comme une bénédiction près des eaux d' U'ufau ...


*
CEREMONIE A LUI
Forêt d'U'ufau


Je me suis assis parmi les pierres de la forêt
Et ma compagne est très occupée
A sucer le bâton de miel offert entre mes jambes.

La lumière de mon front se répand dans la forêt
J'aime tes seins à la saveur de lait
J'aime les courbes de ton corps
J'aime te pénétrer
Parmi les fougères dont nous sommes la fraternité.


           *
      L'AUTEL DE L'AME



Les doigts sur la cithare d'or
Je bois seulement de l'eau et dors.
Le jeûne   est doux, long et précieux
Mon amie parfois me donne un baiser.

Devant la terrasse : la plage
Je m'éveille et me rendors
Je rêve de ce temple violet
Où un oiseau emporte ton âme
Pour la faire voyager
Au delà de la mort.

Mon amie, mon amour, es tu là ?
Une voix me répond :
"Je suis là pour toujours
Mais le corps où je faisais mon nid
Accueille ces temps-ci plus rarement mon âme"

Face au lagon à Ha’apiti
Mon âme est blottie à cette âme
Là est vraiment l'Eternité
Viens donc, viens donc t'y oublier !

*
*
CAP DE BERBERIA
Isla de Formentera


L'amour exauce les rêves
La maison face à Es Vedra
L'île où dit-on se cachent
Les voyageurs d'autres planètes.

Sous les voûtes du temple rose
Le chant résonne et l'oeil est clair
L'oeil qui lance les mains très haut
Dans la danse qui ne finit pas...

Sur la terrasse, danse encore
Et sur le toit, que te pénètre Dieu
Au souffle de soleils !

A l'entrée un palmier dattier.

Plus bas l'automobile rouge
Aux faux contacts hebdomadaires
Qu'il faut réparer à la main.

Puis un hamac tendu entre deux pins
Où l'on peut oublier tous les rêves
Que désirer encore ?

Que cessent les faims, afin
Que notre Amour n'ait pas de fin.


*

RACO SES XIQUETES
Formentera


Longe la côte vers le cap de Berberia ...

Vois la maison rose d'amour,
Et derrière
Le bois de pins

Plus bas sur la falaise
Une vasque de sable dur
Au dessus d'une plage pour la danse.

Nul ne la voit
Ni d'en haut
Ni de la mer

Nager vers l'arche...
Tailler un escalier dans la pierre ?
Le ressac était fort ce jour-là
J'en fus presque noyé.

O les paupières des rochers !

Entre un soleil et une lune
Peints sur le bord de la falaise
Vois
Une petite pyramide
De pierres
Qui abrite les os des chats
Adoptés sur le motu Tane
 (Bora-Bora).

*
CALANQUE SAONA
L'hiver, Formentera


La nef des fous en Méditerranée
Voilà le bateau que je pris un soir
Mon amour m'en avait supplié
J'en perdis la raison tout à fait.

Au loin l'îlot est nu
Cathédrale de sable rose.

J'ai tant d'amour pardonnons nous
D'avoir voulu tout essayer !
Amants, amantes sans soucis
Par les petits trous de la coque s'engouffre
L'eau des désirs débridés ...

Il y eut tant de voyageurs
Carthaginois et phéniciens
Wisigoths, marseillais
Catalans ,romains et sarrazins …
Et maintenant une autre voile
Avec l'emblème du Soleil

Que le Phénix, fort protecteur
Des âmes lasses du Mirage
En son feu d'or me brûle, et
Me ressuscite de la mort !

*
EN HAUT DE LA COLLINE
Cabralia, Brésil



L'église est posée sur la colline, elle est fermée
(A cause des voleurs)
Presque transparente
(On voit le bleu du ciel à travers elle)
Une voiture démarre, un enfant joue sur son vélo
Comme sur un cheval dont on tire la bride

Deux amants boivent avec une paille une noix de coco
Bientôt ils se sépareront, se retrouveront, se sépareront.

Un arbre squelettique suspend ses fleurs et ses fruits
Au dessus de la mer.

L'église chante et son toit danse
Suspendu dans le ciel.

De l'Amour de Jésus on se souvient
De la Croix.

La croix rivée au sol sans cesse s'écartèle
Et la croix sur le toit s'envole
Toute Lumière.

A gauche de l'église une petite ouverture
Sur le cimetière.

Illusion de la sensualité sans la consécration
Illusion de l'Histoire.

*
EN BAS DE LA COLLINE
Cabralia, Brésil


Au loin, devant le port de pêche
Est une île au nom de Paradis
Mais le vent souffle,la pluie nous secoue
Partout autour meurent les habitants
De grippes tenaces, de grosses dengues.

Une éclaircie sur la mangrove.
Il y a 500 ans débarquaient ici
Les conquérants.

Les gens nous dit-on dansent de moins en moins
Ils regardent la télévision
Ils se regardent
En chiens de faïence
Résignés à un sort absurde.

Dans la rue , devant la maison du médecin
Longue est la file d'attente
Des femmes lavent leur linge dans l'eau verte d'une rivière

Dans tout le Brésil on prépare
La célébration d'un triomphe ancien ...
Pourquoi ?
Me suis-je trompé de chemin ?
*
LA OU NOUS VECUMES
Cabralia



Sur le flanc de la colline courent des serpents de pierre.

Près d'un pont danse la statue d'une nymphe
Un ruisseau coule sans cesse sous le petit pont.

Dans la solitude d'une allée cachée
A la recherche d'un moment de paix
Je contemple l'océan et le village
Misère et luxe de misère

Assis face à l'océan je joue sur le psaltérion
O vous serpents tentateurs
Illusions sont vos tentations !

J''avais posé mon sac là-bas sur la falaise
Alors pourquoi errer sur cette Terre ?

Je suis piègé dans ta folie
Peau douce et fesses rebondies, égoïsme cruel
Baisers bandants et oublieux
Orgasmes sans répit
Jusqu'à l'épuisement
De la raison fertile et de ses escaliers

Oh que n'ai-je évité ce sort si délicieux
Mais désastreux comme une guerre !
Pétrifie toi, nymphe au coeur de pierre.
*
LA CASCADE D'AFAREAITU
Moorea


Cascade dans la verdure sereine .
Pierre sculptée.

Et toi mon amie adorée (image 66)
Dis moi : "je t'aime"...

Je danse comme s'élance la fougère
Pour fêter l'eau et le soleil
Soyons légers comme l'air .

La Terre est belle et l'eau est fraîche.
Il fait si chaud sur la berge
Que des millions d'insectes minuscules
Se bousculent et s'agrippent à ma peau .

Sa majesté la moustique
A besoin de mon sang pour ses oeufs ...

Il faudra donc rester dans l'eau
Ou sur les pierres un peu plus haut
Dans la rosée de la cascade

*
DEVANT LA CABANE
Moorea


Un oiseau ce matin s'est posé
Sur cette table.

Le lagon est juste là devant
A quelques pas.

Les jours de forte houle
Les eaux entrent par la porte.

Je danse sur le sable et contemple
L' îlot , jardin sous le soleil torride.

Un bull-dozer laissé par une barge
Arrache les souches trop nombreuses.

Les planches de ma cabane
Sont peintes aux couleurs du Phénix.

Des toiles sont posées ici ou là
Il fait frais sous le toit
De feuilles de pandanus tressées.

La brise agite lentement les palmes des cocotiers.

*
LA REINE DES EAUX



Esprit logé dans le Tiki
Tu cherches donc l'Eternité ...
Contemple Osipeh ( , la belle
Très belle reine des eaux

Elle est entrée dans le corps clair
D'une danseuse sa disciple ...


Elles nous dévorent
Les faims de nos ancêtres ...

Sur les pierres d'un marae
On donne un sacrifice humain
J'étais aveugle, ou ébloui ?

Frappé le sens de ma vie !
On préfère la faim des folies
Qui ont volé l'or du présent ...



*
SANTOCHAN

Nous nous aimerons
Et apprendrons à être fidèles
A ce qui est si précieux en nous .

Nous n'écouterons pas la convoitise qui ruine
Nous construirons avec les forces de nos vies
Un temps calme de Paradis.

Cette énergie et ce désir qui sont outils
Nous n'en ferons pas des idoles
Ce sont des couleurs pour la vie
Non pour l'ivresse de la raison folle.

Préférons donc la loi logique
Qui préserve l'Eternité de l'Amour
Ainsi traverserons nous la mort
Au lieu de la multiplier.

Mirages nourrissez les rêves
Mais évitons de nous perdre
Dans le désert.

*
MONTE



Monte très haut, ma bien-aimée
Oui, je suis un garçon paisible
Tu l'as deviné dans le lagon et je connais le sentier
Du Soleil de nos naissances dans l'Esprit.

Vois la courbure de la Terre et le ciel violet
Et tout en bas Moorea, et sa ceinture de corail.

Sur le rivage tu fais vibrer au vent de notre amour
Nos corps dans la chaleur de l'été austral
Puis tu t'es envolée avec moi après la tempête …
Elle aurait pu tout détruire
Suivons cette lumière qui nous tire plus haut encore.

Ta main est aimantée à la mienne
Alors contemple les étoiles
Et vois Sirius , en haut
Et plus bas, bien au loin,
Derrière la courbure de l'océan
Rapa Nui (image 80), Hawaïï
Aotearoa, Ontong Java ...

Prends refuge dans le violet profond de la nuit
Tandis que le jour se lève
Arche de Lumière sur la planète Terre .

Aie foi dans cette vie .

Les merles des Moluques ce matin
Semblaient dire, du haut des cocotiers :

"Evade toi des cages...
S'il faut que tes ossements ressuscitent
Au fil des tintements métalliques
De l'Histoire des humains"

*
DU SOLEIL SUR DU SOLEIL
Te Ra i nia te ra


Avec un sac aussi léger que possible
Pour le voyage quotidien
Partout la terre natale.

Dans la forêt
Ou sur le sable
Je t'aime.

J'ai joué de la guitare
Tu t'es reposée dans l'envol.
Etire toi et rebondis
Pour guérir ton corps.
Grandir dans le rêve vrai
Miracle.

Construisons nous
Dans la Lumière
Sans trous aveugles.

Nos corps à piloter.
Accueillir
La jeunesse de l'Eternité
Du Soleil sur du soleil.


*
ROYAUTE
Clipperton, île de la Passion


Là les oiseaux ne craignent pas encore
L'homme.

Là les hommes craindront ils
Les femmes ?

Là les femmes craindront elles
Les hommes ?

Un îlot dans l'océan.

Jadis pourtant ici aussi
Un esclave tua ses maîtres
Puis régna en tyran
Sur les femmes .
Il n'y avait plus d'autres hommes.

Il dormait sans s'allonger vraiment
Dans le creux noir d'un grand rocher
Tenant son fusil contre lui.

Pourtant son harem révolté
Parvint à l'assassiner.

Jadis une armée oublia là
Ses soldats.

Aujourd'hui à Clipperton
Les oiseaux sont rois.

*
RENCONTRE




Sur l'île de la passion, Clipperton
Une navigatrice solitaire rencontra
Un navigateur solitaire venu d'Hawaï.

Elle venait de Panama
Sur un bateau offert, à réparer
Une coquille de noix.

Aux abords de l'atoll elle plongea et vit
Quelques épaves sous la surface de l'eau.

« Voici »  , me dit la navigatrice
« Trois cadeaux pour toi dans la joie
Apportés  de cette île là :

Un peu de sable, un coquillage
Une noix de coco déjà bue
Percée d'un clou, à ta façon ».

Elle est partie sur son bateau
Solitaire comme les solitaires
Amoureuse d'abord de l'eau
De l'Air, du Feu et de la Terre
A l'Infini !


*

avec Nimozette , 2009

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WELCOME -Video d' accueil

Nim and Dom dance in 2009
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opus 320 : TE TINO I ROTO TE MARAMARAMA

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D.O.TRON, opus 260 : Te mau tita one no te rai mai

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opus 109 : te ori o te hoera'a

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opus 248 : te ara

TECLAR SOBRE "PEINTURES"

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opus 93 :te pu i u'ufau

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opus 106 : te opani hope

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opus 140 : tatauhia i roto

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opus 148 : te farereira'a i Atiha

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opus 311 : te are ninamu

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tron.dominique@gmail.com

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1974 :Baris in Batuan,Bali by D.O.TRON

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1982 : Panji Gambuh in Batuan, Bali, by D.O.TRON

 

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Demang : comic dance by D.O.TRON in Pedungan, Bali

 

HOW TO BECOME A PARADISE BIRD

 

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livre disponible sur Internet , taper les mots du titre pour trouver le libraire. Sur la couverture Dominique Tron en 1966 photographié par Alain Sabatier à Grasse.

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1997 :rehearsal with my students in Tahiti. Behind Namata, I have in the hand a flute I have made ith Maharepa mountain reed.

 

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Sylvie and Samantha . Watch them in the Key 7

 

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opus 14 : 'a faari'i te pupura'a o te meho nui ha'atupu'a .At the bottom of a desert canyon, in Bali, I heard the call of the Paradise Bird. 

D.O. TRON -opus 52b 

Opus 52 : Atatia Anoanomarie (= the wise counsellor for Justice is coming) Later ,The Paradise Bird put me in contact with Sri Agastyar. One day , i listened his voice and he started to guide me.

D.O. TRON -opus 304b-te mau huero piru

D.O.TRON : opus 304

D.O. TRON - opus 167

D.O. TRON, opus 167 : porte arrière de l'atelier à Tiahura

D.O. TRON - opus 166 - te fare pe

D.O. TRON, opus 166 : Te fare pe o te oaoa (la maison déglinguée de la joie) 

D.O. TRON - opus 169 -Maria peata

 

D.O. TRON - opus 263d -te huero o te ao,c

 

D.O. TRON -opus 339

 

D. O . TRON - opus 100b -te hoa o te u

 

D.O. TRON - opus 145 -,te rerera'a

 

D.O. TRON -opus 327

     ABOVE : opus 169 : Maria Peata (Sainte Marie ), then  opus 26 : te huero o te ao (l'oeuf du monde , the seed of the world), then opus 339 : te ora i roto te ofa'i ( The stone coming to life) , then opus 100 : Te hoa o te u (l'ami de la couleur), then opus 145 : te rerera'a (l'envol), then opus 327 (la Mère et l'enfant)

ph10-04-04 (57)

" - je serai ça pour toi. Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf"

ph10-07-20 (9)

Nim le 20 juillet 2010

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Dominique in the Baris dance, Batuan temple 1974

SaralaEclairci

1976 in India: Serenity School . Thandhirayankuppam. Tamil Nadu

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1983 in Bali, Pedungan. I Gede Geruh dancing Mata, Dominique playing suling gambuh

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X harp made by Denis Brevet and panflute made by Popescu

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Carving made by Toni Marin

D.O. TRON - opus 292-te tere o to'u mau ivi,f

D.O. TRON - opus 292 : te tere o to'u mau ivi (le voyage de mes os ) :

Pour la plupart de mes contemporains je ne suis qu'un gibier,

un semblant d'existence qui se heurte à chaque carrefour à des chasses gardées

et là il manque toujours un permis même pour respirer !

 

Je me croyais riche, car abondamment pourvu d'amour et de savoirs

Mais mes revenus n'atteignaient nulle part le taux de l'innocence institutionnelle

mes efforts étaient livrés aux rapaces qui partout bénéficiaient de visas ...

Il fallait qu'ils me traquent en plus afin de briser l'écho de mon chant

jusqu'à ce que seule l'invisibilité me fasse m'évader de leur labyrinthe.

 

Les bouchers passaient haut la main toutes les frontières

comme si les antilopes et les lamantins n' étaient venus au monde

que pour leurs containers réfrigérés

Heureusement le Théâtre du Phénix m'enseigna à naviguer sur plusieurs plans de l'existence

dans le silence j'entendais son chant se graver dans ma gorge

pour que je trouve absurde de  baisser les bras

et pour que j'apprenne à m'envoler de toute mon âme dans le soleil ....

Un de ses rayons a tracé la voie de mon nid dans les collines d'ébene et de lait de la chair parfumée de Nimozette.

 

Certes, s'ils pouvaient nous repérer

les coordinateurs généraux nous assiègeaient

les petits bandits nous guettaient eux aussi, 

déguisés les fascismes tribaux et cravatés avait un droit coutumier sur nous,

soi-disant ...

Nous étions l'obsession de  leur festin cannibale

car ils ne savaient recevoir l'offrande Divine d'Amour dans la quête de l'équilibre

alors ils convoitaient la chance et oubliaient la modération

Plus d'une fois je m'éveillais sur leur gril , ils nous apprêtaient avec leurs sauces.

 

Oui, leurs pièges sont puissants en cette préhistoire

Et leurs fantômes se réduisent à leurs ombres mornes passagères,

Car leurs chairs ne sont pas habités par la lumière

 

Alors si mes os capturés brûlent un jour comme ceux du gibier

qu'ils se consument jusqu'à n'être que ces rayons  du temple de l'Univers

Que ces piliers chantant pour te joindre, lecteur, au choeur des transparents célestes.

 

Déjà,  ouvert attentif au silence des vertus et ne parlant pas pour ne rien dire

sur cette Terre nous pouvons percevoir et apprendre de l'Eternité ....

Les enfants et les vieillards sincères y trouveront le levain de l'espérance

celui transmis jusqu'à ces temps par les mutants rescapés de l'Hstoire Prédatrice

cruxifiés par les bêtes rebelles à la logique de l'Amour Divin ...

Elles se déguisent de toutes les idéologies mais s'éteignent par leur propre mensonge

tandis que se transmettent les rêves d'évolution, la chanson internationale du partage .

 

J'ai tenté de déjouer les pièges par le théâtre approprié et c'est encore

un travail constant, récompensé d'un côté par l'aimante inspiration supramentale de la Conscience Cosmique

et de l'autre côté sanctionné par l'indifférence , la moquerie et l'opprobe

mais quel bonheur de  distribuer tant de fruits aux quelques fleurs miraculeuses de gratitude

en dépit du temps arrogant des spéculateurs qui empoisonnent les fontaines de jouvence.

 

Giflé sur cette Terre par les tenants du snobisme , de la mesquinerie et de la raison d'Etat

Rançonné par les voyous des bas et hauts quartiers de l'apartheid planétaire

Je me suis heurté  aux murs aveugles  mais j'ai tenté de les sculpter  pour qu'ils soient habitables

tel Pygmalion truvant la vie de  Galatée au fil de sa caresse volontaire,

ou tel Jayadeva immergé dans la prière du berger 

Jusqu'à l'offrande de Padmavati, possible seulement par la consécration 

 

J'offrais la clé de cet Eden reçu au profond de mon coeur

mais rares furent les âmes qui trouvèrent que c'était un précieux cadeau

néammoins un jour que je parlais de cette conscience joyeuse

où il est question de construire nos souffles dans les vertus mises en pratique jusqu'à l'envol

et où toute langue perd son sens sans relais ni interlocuteur

Nimozette m'a dit "Je serai cela pour toi    

Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf !"

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