clé 06, partie 05 : comment Hamsadéa devint lui aussi un Oiseau de Paradis

Poème catalytique pour la danse sacrée de l'Union Mondiale

5
COMMENT HAMSADEA DEVINT LUI AUSSI UN OISEAU DE PARADIS



1

L'enfant qui grandissait sur la rive fertile
Aimait les fruits sucrés et chantait en dansant
Sous les feuillages des grands arbres de cette île...

Or un matin il s'éveille dans la rosée
Bercé par le fracas des vagues sur la plage...
Un écho lumineux peuplait seul sa mémoire
Et le vent bénissait son regard doux et sage !

En se levant il voit son frère le lézard
Qui devant lui sautait de pierre en pierre
Toujours plus haut, et parfois fatigué, sans un geste
Il se laissait très longuement, les yeux fermés
Résonner dans les murmures d'or du Soleil !

2

Or l'enfant étonné veut comprendre ce jeu
Et le lézard tout ivre lui répond :


" J'ai entendu le cri de l'oiseau merveilleux
J'ai observé longtemps son vol multicolore
En me cachant car j'ai bien peur qu'il me dévore
Et je veux devenir semblable à ce Phénix
Alors je m'en irai naviguer dans le Ciel ...
Oui, percer son secret est le but de ma vie!

Et pour cela je tente sans répit
De m'envoler, de me forger des ailes
Bondissant vers l'azur ausi haut que je peux...
Dès le matin je grimpe aux cimes des arbustes
Et je m'élance alors sans crainte dans le vide !"

3

L'enfant s'était habitué depuis longtemps
A la présence de l'oiseau quelque part dans les arbres
Et ce n'était pour lui qu'un profil ordinaire...

C'était à peine si parfois il l'observait de loin
Sans voir qu'avec son bec, venu à tire d'aile,
Il apportait des pierres de couleur dans le jardin d'Oriata et Nanihi...

Ceux-ci chantaient pourtant souvent
En présence d'Hamsadéa
Le conte du Phénix, du serpent et du singe ...
L'enfant écoutait distraitement, s'étonnait à peine
Sans voir autour de lui partout le Paradis...

Et quand l'Oiseau chantait dans la forêt, Hamsadéa
Croyait entendre seulement la voix de la montagne,
Le chant des cocotiers secoués par le vent,
Un hymne composé par des sources secrètes ...

Ainsi accoutumé à peine né
A vivre sans souci dans la contrée heureuse
Il ignorait combien il est aisé
De perdre le sentier du Paradis  dans l'abondance !

Il n'avait pas cherché encore à voir plus loin que son regard...

Quoi de plus naturel qu'un Oiseau merveilleux
Veille sur nos destins, accompagne nos pas...
Oui, pour l'enfant cet oiseau-là
N'était qu'un animal de plus,
Discret dans la forêt profonde, un étranger,
Créature bizarre au vol indéchiffrable
Et qui ne cherchait pas à montrer son visage...


4

Mais depuis que Moo-iti le lézard, son compagnon de jeu
Avait parlé, l'enfant frémissait d'enthousiasme...

"Mon frère", lui dit Hamsadéa," Merci ...
Car tu m'a assoiffé des vents de l'infini
Et je veux avec toi contempler le Phénix ...
Attendre l'aube et guetter son envol
Respirer près de lui, ne jamais le quitter
Et je serai la sentinelle de son nid ...
Oui, je veux le connaître... où donc se cache-t-il ?
J'erre dans l'ignorance et je voudrais savoir
Comment donner ma vie, comment lui obéir,
Pourquoi suis-je donc né, quel chemin est le bon...
Quel est ce grand Soleil qui réchauffe nos os ?"

5

Le lézard fit silence une minute et dit:

"Entends, il est tout près, tout près de nous !
Mon minuscule coeur palpite et se dilate...
Ecoutons... Ecoutons
Le bruissement de ses ailes dans l'arbre, là-bas...
Ecoutons... Mais comment déchiffrer son message ?
Oh j'ai peur... Peut-être sauras-tu ?
Peut-être pourras-tu comprendre son langage ?
Approche-toi de lui, car moi je n'ose pas...
Demande-lui comment devenir son semblable..."

6

L'enfant s'agenouille et se met à chanter :

"Oiseau du Paradis, messager Divin du futur
Mon frère le lézard m'envoie t'interroger...
Réponds à mes questions...Je n'ai jamais emprisonné
Aucun oiseau dans une cage !

Que tu es beau ! Qh oui certainement
Tu sais par quel enchantement l'Univers fut créé !
Alors enseigne-moi ton vol et ton silence
Oh je t'obéirai, sans crainte et transparent !

Maintenant que le temps des moissons est fini
Laisse-moi me hisser sur ton dos, bel oiseau...
Quand je serai monté, partons pour le Soleil...
Oh quel est son secret ?... Emporte-moi là-bas !

Qu'y a-t-il où sans fin renaît le bleu limpide ?
Heureux je veux plonger et danser dans le ciel...
Oh voir de tout là-haut les monts et les vergers
Où chacun deviendra Oiseau du Paradis ...

J'ai montré à la vache où elle peut brouter
Et j'aime quand la pluie verdit les pâturages...
Ainsi que le lézard, dois-je apprendre à sauter ?
Par delà l'horizon et la mort je veux naître !

Emporte-moi,s'il te plait, je suis prêt
A traverser les trombes de Lumière...
Ou fais-moi habiter les sommets enneigés...
Partout je te suivrai
Partout je te suivrai !


7

Et maintenant, voilà ce que répond l'Oiseau :

"Que tu étais petit, les yeux clos, endormis,
Absorbé dans le feu où naissent les étoiles
Le jour où le Soleil par un rayon magique
Eteignit le mirage hébété du serpent...

Dresse ton cou, et tends tes bras
Fais onduler ton dos plus haut vers les nuages
Et sois fidèle aux souffles lents du Paradis...
Préserve à tout instant une paix invincible !

Evidemment tu veux la clé des miracles Divins
Tu voudrais t'envoler, léger, même sans ailes...
Et capter les rayons des astres innombrables
Afin de devenir à ton tour Créateur !

Pourtant que feras-tu du miroir enchanté
Quand il pourra exaucer tous tes voeux ?

Tu dois prouver ta foi en la Lumière seule
A chacun de tes pas tu dois prouver ta loyauté...
Combien ne craignent plus, dès lors qu'ils sont puissants
D'écorcher l'Univers, de le défigurer...

Qu'était donc le serpent, d'où tenait-il sa force ?

Souvent les créatures se nourrissent de Soleil
Mais oublient la mission qui leur fut confiée :
D'être sans cesse un phare et de répandre le bonheur !!!

Alors , sois calme, aie tout ton temps...
Toi qui voudrais te fondre à mon vol immortel
Tu sais que pour toujours , mon nid est près de toi...
Mais chaque année, je dois partir sur le sommet
A la rencontre d'autres peuples de cette île,
Des peuples que tu ne connais pas
A qui je distribue depuis longtemps les couleurs de ma danse !
Mon vol ouvre en leurs fronts l'espace du dedans
En équilibre sur les rêves du dehors
Et je dois enseigner aux naufragés cosmiques
La véritable hiérarchie !

Jadis ces villageois firent un songe
Ils se souvinrent de leur Ame Divine ...
En s'éveillant, leurs voix pourtant
Ne savaient plus porter le chant du Paradis
Ils étaient enchaînés à leurs regards mortels...

Alors ils sont partis à ma recherche
Ils errèrent des mois avant de me trouver
Ils voulaient pratiquer les Arts de la Naissance
Et depuis, chaque année, je reviens pour un jour
J'avive leur mémoire ... ils sont tant occupés
Ils ont, assurent-ils, tant de chats à fouetter...

C'est maintenant que je dois aller à leur rencontre
Et je serai bientôt de retour près de toi
Attends-moi seulement un peu avec patience...
Admire l'horizon et le scintillement
De la mer apaisée, quand la lune se lève..."


8

L'enfant alors supplie le Phénix à nouveau :

"Oiseau d'Amour, ton chant, je le sens, m'illumine
Et je renais joyeux en ta présence
Attends-moi, laisse-moi t'accompagner là-bas !

Tu sais ce que je veux : fais de moi ton semblable...
Oh je veux être aussi Oiseau de Paradis
Je veux offrir à tous les secrets du bonheur !
Je te suivrai jusqu'au sommet de la montagne..."

Mais le Phénix s'envole et perce les nuages
Et l'enfant le poursuit, bondit de roc en roc
Et tel un singe il se balance d'arbre en arbre !

Si fort est dans son coeur le songe de l'Oiseau
Que l'enfant sent son corps se soulever du sol
Et pourtant... attention à ne pas trébucher...
Les herbes sont glissantes, il faut parfois
Poser les yeux où vont les pieds !


9

Le soir, l'Oiseau a disparu de l'horizon
L'enfant est fatigué, perdu dans la forêt
L'obscurité l'aveugle, il trébuche et s'endort
Un nuage doré se pose sur son front...

L'enfant a basculé dans le sommeil, ce lac profond
Ses lèvres, semble-t-il, chuchotent, car il songe...

Dans la nuit doucement il cligne des paupières...

10

Lorsque l'enfant s'éveille, il cherche où est le ciel
Il appelle et il pleure en vain dans la forêt
Il erre solitaire, il crie épouvanté
Il ne sait plus de quel côté se diriger...

Enfin le vent se lève, et chasse les nuages
Et devant lui se dresse un sommet enneigé...

Alors il se souvient : l'Oiseau était parti
Rencontrer tout là-haut les peuples des villages
Et là-haut il pourra enfin le retrouver !

Il danse en avançant dans la verdure
Il danse dans la joie jusqu'au midi paisible !

11

Sur son chemin alors il découvre un village
Au détour d'un bosquet. Ce village est désert...
Sur la place publique une fontaine s'offre...

L'enfant s'approche et boit cette eau si fraîche
Il attend, souffle un peu, s'apprête à repartir...

C'est alors que plus loin, soulevant la poussière
Surgit un escadron de brigands chamarrés...
Leurs cris, la cavalcade des chevaux qui tous hennissent
Ont effrayé l'enfant qui n'a jamais vu ça !
Ces gens ont le profil de princes sans scrupules
Vite Hamsadéa va se cacher dans une maison vide...

Et de là il entend les pillards qui s'assemblent
Avec des hurlements, de plus en plus nombreux
Ils rient des villageois partis sur les sommets
Fêter l'Oiseau du Paradis !

"Buvons, dit le plus saoûl, buvons à la santé
Du Phénix qui veut nous veut tant rendre la justice
En appelant le peuple à l'écart de ces lieux
Loin de tant de trésors sans sentinelles ,à partager !
Ainsi le Ciel à nous aussi fait signe :
Allons, pillons, car tout nous est donné !"


12

L'enfant qui les observe de la maison a peur...
Il veut s'enfuir par une issue discrète
Et trouve enfin la porte arrière d'un jardin...
Personne ne le voit se glisser dans les bois
Il court vers la montagne aux neiges éternelles
Il faut d'urgence prévenir les villageois et l'Oiseau !

Alors il bondit comme une flèche toujours plus haut
Et aperçoit bientôt les enfants, les femmes et les hommes
Assemblés pour danser près de l'Oiseau Amour !!!

13

AInsi l'enfant enfin est proche de son but
Ebloui maintenant par la Lumière bleue
Qui flotte à l'infini très au-dessus des cimes
Autour des ailes devenues immenses du Phénix
Et de la large et lente spirale de son vol ...

Hamsadéa n'ose pas avancer davantage
Il sent sa tête chavirer, et il s'agrippe à un rocher
Il observe de loin les peuples réunis
Debout sur la couronne de glace du sommet
Les yeux tournés là-haut vers l'Oiseau du Paradis !

Chaque homme, chaque femme a tendu vers le Ciel
Un miroir scintillant comme celui
Qu'avaient reçu Oriata et Nanihi
Pour détruire le serpent maléfique
Et brûler son venin jusqu'à ce que renaisse
Au coeur de la matière un chant d'humilité...

Ainsi chaque être humain avait jadis reçu
La vision du Phénix, chacun à sa façon
Et même les miroirs qui reflètent les Lois...
Ensemble désormais ils orient ent ces miroirs vers le Ciel
Ils font converger les éclairs denses de leurs forces
En un vaste faisceau de Lumière !

14

Les grands prêtres vêtus des robes coutumières
Et les chefs maintenant munis de porte-voix
S'appliquent à guider les mouvements du peuple...
Ils ordonnent finalement que la foudre du Rite
Soit propulsée plus haut encore dans le Ciel
A la rencontre de l'oiseau pour le détruire !

Et des milliers d'enfants dansent sur le glacier, patins aux pieds
Tous connaissent par coeur les hymnes d'espérance
Les cantiques de l'Humanité unie !

Un orateur explique à la foule
Que le Phénix était un imposteur
Un démiurge à l'âme de vampire
Le responsable de toutes les épidémies
Le voleur du feu de Dieu
L'oppresseur de la plupart de ses enfants !

Le peuple et ses élus applaudissent le démagoguef
Sa voix a suspendu un instant les discordes
Elle annonce les Temps de l'Homme et de la Femme
Enfin vainqueurs de l'Utopie paradisiaque
Et seuls centres conscients règnant sur l'Univers !

Et tous crient dans un élan de joie :
"Que l'oiseau d'illusion serait anéanti !"

15

Or soudain le Phénix sous la voûte du Ciel
Fait résonner très fort sa voix, et déclare :

"Il y a bien longtemps, Dieu aux noms innombrables
Qui par sa danse  a créé tous les Mondes
Me donna pour mission d'instruire  les humains
Et j'entendis tinter vos rires d'amoureux
Près de mon vol secret et des branches prospères...

Le Temps alors ne savait pas éteindre vos regards
Vos corps étaient les fruits de l'Esprit Eternel
Et chacun de vos gestes aimait s'en souvenir !

Trop de désirs ont épuisé votre candeur...
L'âme fut asservie par la matière aveugle
Et survécurent, insatibles, vos fantômes
Affamés d'infini, amoureux de la Mort...
On ne peut espérer mon vol et son contraire !

Et pourtant vous croyez tracer pour vos enfants
Un chemin radieux où ils pourront régner
Sans couronner l'Amour, l'Etude des Mystères...
Vous êtes libres de choisir vos lendemains !

Je le sais ce grand feu dans le Ciel
Est allumé pour me désintégrer...
Mais vous, mirages, faces humaines...
Savez-vous donc où s'éternise le Réel ?
Vous ne pouvez m'exterminer mais seulement
Me bannir pour longtemps des nuits de vos pensées !

Ce feu catapulté sur mon plumage
Obéit à mon chant et vous prive de force...
Alors, entendez bien, j'exauce votre voeu
Je partirai pour une planète lointaine...

Je m'en vais loin de vous, je m'en vais m'envoler
A travers l'étendue sans fin des galaxies
Seuls vous méditerez sur vos héros, sur vos souffrances...
Et vous vénèrerez vos appétits
Jaloux,trompeurs, ignorants et mortels...
Ce n'est que votre choix, vous l'avez exprimé...

Souvenez vous du temps lointain où vous étiez partis
Me retrouver pour vous nourrir de ma félicité...
J'ai tenté patiemment de traduire les Lois
Qui vous ont engendré dans votre langue humaine...
Mais vos oreilles sont restées à moitié sourdes
Vos pensées déchaînaient des typhons de poussière !

Pourtant, je ne peux vous maudire ô vous dont j'ai rêvé...
Je n'ai qu'une mission : semer toujours la Chance...
Alors écoutez bien :

S'il en est un qui parmi vous
Voudra renaître Oiseau du Paradis
Qu'il ait confiance en lui et dans mon chant
Son voeu n'est point honteux ni impossible...

Et qu'il rassemble solitaire enfin ses forces
Et qu'il prenne le risque à jamais de se perdre
Et qu'il se jette dans le Feu sans crainte et sans envie
Dans ce feu allumé dans le Ciel pour me détruire !"

16

Alors l'enfant effrayé par la foule
A quitté le rocher qui le dissimulait
Il a pris son élan, se lance sur la glace...
Et son désir accroît l'adresse de ses jambes
Et il bondit très haut très haut très haut
Cent fois plus haut que sa propre hauteur !

Il s'est précipité dans le Ciel qui l'aimante
Et il s'élève encore et plonge dans le Feu
Et déjà il renaît porteur d'ailes nouvelles
Oiseau du Paradis semblable à son maître Eternel !

La foudre énorme tourbillonne
Elle explose au dessus des fastes de la Fête...
Au sol, sur le sommet, tous les miroirs se brisent !

Les pélerins s'enfuient de peur de  brûler
A cette pluie de feu multicolore...
Et leurs cris font tonner d'énormes avalanches
Et des torrents partout débordent sur les pentes !

Mais toi, nouvel oiseau de paradis, tu danses
Avec les galaxies suspendues par ton vol...
Ecoute leurs échos et fais sonner leurs chants !

Des millions de Soleils habitent ton destin
Et le regard de Dieu t'a délivré du temps
Tu as offert tes os à son Feu Eternel !

17

Comme le nouvel oiseau de Paradis
S'éloignait  de la planète pour suivre
A travers les galaxies son Créateur
Celui-ci poussa son cri et dit :

"Retourne plutôt près des amants sur le rivage
Pourquoi veux-tu les priver de ton vol ?
Et qui guidera donc ton frère le lézard
Qui t'envoya, ne l'oublie pas, m'interroger...
Reste près d'eux, et veille sur leurs songes
Veille sur la vivacité de leurs regards...
N'oublie pas que pour tous ta vie est mon message
Et tu dois déployer ton chant et ton plumage !"

18

Le nouvel oiseau répondit :

"O mon maître
Comment donc déjouer le malheur conquérant
Si je n'ai le pouvoir d'être à souhait invisible !
Et comment feras tu de loin pour me guider ? "

"va, sois discret, dit le Phénix,
Tu as ce pouvoir d'invisibilité!

Et tu me trouveras au plus profond de toi
Là où la Vie Divine anime et abolit les formes...

Alors tu guideras, discret, les espèces, les peuples , les enfants
Et les amants dans le verger d'Eden
Eux que menacent tant les ogres prolifiques...

Et tu sauras chanter pour l'esprit vertueux
Des poètes studieux, des prêtresses d'amour
Des danseuses sacrées, des ermites sincères
De tous les serviteurs patients de la Lumière..."

19


Maintenant l'oiseau Hamsadéa redescendait
Vers les montagnes et les prés...
Il traversait sans être vu les villages, et sur les places
Assistait aux fêtes données en son honneur...

Les hommes enivrés par d'amères orgies
Retrouvaient quelques forces en entendant son chant
Mais aussitôt on en voyait, dans les taudis et les palais
Qui s'égorgeaient en son nom, objet de crainte et de blasphème !


avec Nimozette , 2009

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Nim and Dom dance in 2009
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opus 320 : TE TINO I ROTO TE MARAMARAMA

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D.O.TRON, opus 260 : Te mau tita one no te rai mai

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1974 :Baris in Batuan,Bali by D.O.TRON

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1982 : Panji Gambuh in Batuan, Bali, by D.O.TRON

 

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Demang : comic dance by D.O.TRON in Pedungan, Bali

 

HOW TO BECOME A PARADISE BIRD

 

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livre disponible sur Internet , taper les mots du titre pour trouver le libraire. Sur la couverture Dominique Tron en 1966 photographié par Alain Sabatier à Grasse.

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1997 :rehearsal with my students in Tahiti. Behind Namata, I have in the hand a flute I have made ith Maharepa mountain reed.

 

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Sylvie and Samantha . Watch them in the Key 7

 

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opus 14 : 'a faari'i te pupura'a o te meho nui ha'atupu'a .At the bottom of a desert canyon, in Bali, I heard the call of the Paradise Bird. 

D.O. TRON -opus 52b 

Opus 52 : Atatia Anoanomarie (= the wise counsellor for Justice is coming) Later ,The Paradise Bird put me in contact with Sri Agastyar. One day , i listened his voice and he started to guide me.

D.O. TRON -opus 304b-te mau huero piru

D.O.TRON : opus 304

D.O. TRON - opus 167

D.O. TRON, opus 167 : porte arrière de l'atelier à Tiahura

D.O. TRON - opus 166 - te fare pe

D.O. TRON, opus 166 : Te fare pe o te oaoa (la maison déglinguée de la joie) 

D.O. TRON - opus 169 -Maria peata

 

D.O. TRON - opus 263d -te huero o te ao,c

 

D.O. TRON -opus 339

 

D. O . TRON - opus 100b -te hoa o te u

 

D.O. TRON - opus 145 -,te rerera'a

 

D.O. TRON -opus 327

     ABOVE : opus 169 : Maria Peata (Sainte Marie ), then  opus 26 : te huero o te ao (l'oeuf du monde , the seed of the world), then opus 339 : te ora i roto te ofa'i ( The stone coming to life) , then opus 100 : Te hoa o te u (l'ami de la couleur), then opus 145 : te rerera'a (l'envol), then opus 327 (la Mère et l'enfant)

ph10-04-04 (57)

" - je serai ça pour toi. Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf"

ph10-07-20 (9)

Nim le 20 juillet 2010

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Dominique in the Baris dance, Batuan temple 1974

SaralaEclairci

1976 in India: Serenity School . Thandhirayankuppam. Tamil Nadu

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1983 in Bali, Pedungan. I Gede Geruh dancing Mata, Dominique playing suling gambuh

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X harp made by Denis Brevet and panflute made by Popescu

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Carving made by Toni Marin

D.O. TRON - opus 292-te tere o to'u mau ivi,f

D.O. TRON - opus 292 : te tere o to'u mau ivi (le voyage de mes os ) :

Pour la plupart de mes contemporains je ne suis qu'un gibier,

un semblant d'existence qui se heurte à chaque carrefour à des chasses gardées

et là il manque toujours un permis même pour respirer !

 

Je me croyais riche, car abondamment pourvu d'amour et de savoirs

Mais mes revenus n'atteignaient nulle part le taux de l'innocence institutionnelle

mes efforts étaient livrés aux rapaces qui partout bénéficiaient de visas ...

Il fallait qu'ils me traquent en plus afin de briser l'écho de mon chant

jusqu'à ce que seule l'invisibilité me fasse m'évader de leur labyrinthe.

 

Les bouchers passaient haut la main toutes les frontières

comme si les antilopes et les lamantins n' étaient venus au monde

que pour leurs containers réfrigérés

Heureusement le Théâtre du Phénix m'enseigna à naviguer sur plusieurs plans de l'existence

dans le silence j'entendais son chant se graver dans ma gorge

pour que je trouve absurde de  baisser les bras

et pour que j'apprenne à m'envoler de toute mon âme dans le soleil ....

Un de ses rayons a tracé la voie de mon nid dans les collines d'ébene et de lait de la chair parfumée de Nimozette.

 

Certes, s'ils pouvaient nous repérer

les coordinateurs généraux nous assiègeaient

les petits bandits nous guettaient eux aussi, 

déguisés les fascismes tribaux et cravatés avait un droit coutumier sur nous,

soi-disant ...

Nous étions l'obsession de  leur festin cannibale

car ils ne savaient recevoir l'offrande Divine d'Amour dans la quête de l'équilibre

alors ils convoitaient la chance et oubliaient la modération

Plus d'une fois je m'éveillais sur leur gril , ils nous apprêtaient avec leurs sauces.

 

Oui, leurs pièges sont puissants en cette préhistoire

Et leurs fantômes se réduisent à leurs ombres mornes passagères,

Car leurs chairs ne sont pas habités par la lumière

 

Alors si mes os capturés brûlent un jour comme ceux du gibier

qu'ils se consument jusqu'à n'être que ces rayons  du temple de l'Univers

Que ces piliers chantant pour te joindre, lecteur, au choeur des transparents célestes.

 

Déjà,  ouvert attentif au silence des vertus et ne parlant pas pour ne rien dire

sur cette Terre nous pouvons percevoir et apprendre de l'Eternité ....

Les enfants et les vieillards sincères y trouveront le levain de l'espérance

celui transmis jusqu'à ces temps par les mutants rescapés de l'Hstoire Prédatrice

cruxifiés par les bêtes rebelles à la logique de l'Amour Divin ...

Elles se déguisent de toutes les idéologies mais s'éteignent par leur propre mensonge

tandis que se transmettent les rêves d'évolution, la chanson internationale du partage .

 

J'ai tenté de déjouer les pièges par le théâtre approprié et c'est encore

un travail constant, récompensé d'un côté par l'aimante inspiration supramentale de la Conscience Cosmique

et de l'autre côté sanctionné par l'indifférence , la moquerie et l'opprobe

mais quel bonheur de  distribuer tant de fruits aux quelques fleurs miraculeuses de gratitude

en dépit du temps arrogant des spéculateurs qui empoisonnent les fontaines de jouvence.

 

Giflé sur cette Terre par les tenants du snobisme , de la mesquinerie et de la raison d'Etat

Rançonné par les voyous des bas et hauts quartiers de l'apartheid planétaire

Je me suis heurté  aux murs aveugles  mais j'ai tenté de les sculpter  pour qu'ils soient habitables

tel Pygmalion truvant la vie de  Galatée au fil de sa caresse volontaire,

ou tel Jayadeva immergé dans la prière du berger 

Jusqu'à l'offrande de Padmavati, possible seulement par la consécration 

 

J'offrais la clé de cet Eden reçu au profond de mon coeur

mais rares furent les âmes qui trouvèrent que c'était un précieux cadeau

néammoins un jour que je parlais de cette conscience joyeuse

où il est question de construire nos souffles dans les vertus mises en pratique jusqu'à l'envol

et où toute langue perd son sens sans relais ni interlocuteur

Nimozette m'a dit "Je serai cela pour toi    

Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf !"

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