mémoires d'un citoyen du monde - 10 (Amérique & Europe)

CHAPITRE X
Cabralia. Etat de Bahia. BRAZIL, puis l'Europe.

*





La maison où j'étais attendu ,dans un minigolf  à flanc de colline


L'église de Cabriala, fermée pour éviter les vols, et une table où on boit deux noix de coco

*

A mon arrivée à Cabralia, dans l'Etat de Bahia où son frère possédait un golf à flanc de colline, la première chose que me demanda Alicia fut de lui faire un enfant. En fait, après l’avoir accueillie comme une élève amoureuse, j'étais accueilli  au Brésil comme un assistant dont on espérait l'obéissance. Sa puissance de séduction, sa capacité à réveiller instantanément les sens l'inclinaient à être directive à l'extrême avec la gent masculine, et très sûre d'elle .Et cela sans jamais se montrer rébarbative ,contrairement à ces  intégristes féministes qui font fuir les hommes ,décrétés à priori machistes, quoiqu'ils fassent. Elle jouait instictivement de sa féminité d'une façon qui développait la virilité . Elle n'était pas castratrice sexuellement ,mais sur le plan de la destinée, elle se hissait au rang de maréchale en chef  du couple .

A l'exaltation de nos retrouvailles succédèrent les fièvres partagées de la dengue. Toute la population était malade. Je refusais de faire un enfant à Alicia, m'en tenant à la rétention tantrique du sperme . Or c'était là  le principal de ses désirs . Pour elle, s'attacher à un homme durablement, n'était possible que s'il lui faisait un enfant. Elle n'avait jamais voulu d'enfant d'aucun homme. Elle en voulait un de moi. C'était pour elle la réalisation idéale de sa créativité . Mais je ne concevais qu'une descendance spirituelle, une descendance qui me choisisse, et fasse preuve de conscience et de constance dans l'étude approfondie du Théâtre des oiseaux de Paradis - pas juste pour une parade où l'approbation était sociologiquement garantie d'avance.

En Inde, Alicia rayonnait de toute sa douceur. Au Brésil, elle apparaissait comme une femme calculatrice, avec un coeur de pierre. Elle investissait sur moi, mais voulait contrôler son investissement complètement . Son arme était sa capacité d'éveiller le désir . Avec cette arme, elle avait convaincu les professeurs de yoga les plus réputés du monde occidental de lui organiser des stages, de l'Europe à l'Amérique jusqu'en Australie. Mais, me certifiait-elle, elle ne cédait jamais à leurs avances. Elle les gratifiait de sa présence, et maintenait ainsi leur regard extatique. Alicia  me disait être convaincue qu'aucune stabilité n'était possible entre les êtres lorsque régnait la passion sexuelle. Mais entre nous cette passion s'était déchaînée . Et parce que je l'avais rejointe au Brésil, elle me racontait sa blague favorite.

C'était l'histoire d'un scorpion qui veut franchir une rivière. Il rencontre une grenouille et la supplie de le prendre sur son dos  pour la traversée. La grenouille réplique : "je ne suis pas folle, tu vas me piquer !". Mais le scorpion s'obstine, et lui répond mille fois : "Soyons raisonnables, je n'ai aucun intérêt à te piquer , car ce serait la noyade pour nous deux, et je ne parviendrais pas sur l'autre rive !". Finalement la grenouille se laisse convaincre, et la voila qui nage avec le scorpion sur son dos. Mais une fois au milieu de la rivière, le scorpion pique la grenouille, et celle-ci, épouvantée, lui demande : "Mais pourquoi as tu fait ça, puisque tu savais que nous allions nous noyer ?". Le scorpion lui répond : "pardon, mais je n'ai pas pu m'en empêcher !"
Le village de Cabralia, où Cabral arriva jadis, et en face l'île dite du Paradis



Je pris bientôt la fuite, emportant seulement une petite statue en bois de Jésus, les bras ouverts, tel que j'allais de nouveau le voir d'avion, perché sur son  piton , dominant la baie de Rio. Je retrouvais Christine , qui se partagea encore entre moi et son nouvel amant. Alicia vint me rejoindre à Formentera. Elle avait retrouvé l'attitude qu'elle avait en Inde à mon égard. Nous dormions ans la forêt. Elle m'accompagnait sur la falaise (image 71), dont nous explorions les criques ensemble. Nous passions des journées à méditer, à danser, à chanter, à nous baigner, à faire l'amour dans des lieux difficiles d'accès , où la nature proposait des espaces de sable rose (image 60), des matelas d'algues au soleil ou dans de  petites grottes  ombragées. Ma flûte de pan, à laquelle était accrochée une cymbalette, que je faisais tinter avec un bout de bambou enfilé sur un doigt de la main qui la tenait, mes castagnettes et un petit psaltérion m'accompagnaient dans ces excursions quotidiennes.
De l'autre côté de la crique, près du cap de Berberia, nous avions aperçu une esplanade devant  une grotte, et nous l'avons d'abord atteinte à la nage. Ensuite, nous trouvâmes un chemin d'accès par ce côté de la falaise, en enjambant les nids de gaviota (goélands) qui nous frôlaient dans des simulacres d'attaque, lors de nos descentes.


 Pour Christine, une communauté de rêve, à quatre, semblait possible. Elle retrouvait quelqu'élan pour nos entraînements communs, lorsque je revenais sur notre terrain. . Alicia ne pouvait concevoir une vie perpétuelle sur cette falaise, sans public, dans la dépendance de mon petit budget , à pratiquer le yoga et des danses loin de tout public. Ce séjour n'était concevable que pour des vacances de rêve, disait- elle .Sa carrière se jouait dans les grandes villes . On l'attendait à Milan, à Sydney, dans la jet-set, et je ne l'y suivis point.

Du coup, la communauté à Formentera n'était plus  entente à quatre, mais un ménage à trois. Alicia avait été terriblement jalouse, même si je ne faisais l'amour qu'avec elle, de voir que j’appréciais d’ entraîner Christine à la danse, en l'accompagnant de ma musique. Lorsque je me retrouvai seul, Christine  recommença à se partager sexuellement entre son compagnon et moi. Je n'avais pas de préjugé contre cette relation triangulaire qui avait été celle de Lili Brik , d'Ossip Brik et de Maïakovsky. Mais j'hésitais à m'en tenir là. L'hiver venant, je regrettais l'été perpétuel de Polynésie.

Christine m'incita à y retourner, dans l'espoir que je reviendrai avec une compagne qui , une fois attachée à moi  là bas,  accepte ensuite sans jalousie de participer à notre communauté de Formentera .En 2000, j'allais voir Elisa à Vence  (image 77)  . Après ma rencontre avec Christine en mars 1977, elle s'était embarquée avec le capitaine d'un bateau de Greenpeace, jusqu'au Mozambique et l'Afrique du Sud . Elle avait vécu longtemps avec un jeune anglais à qui elle avait offert des études de pilote et qui l’avait abandonné finalement , avec leur enfant.


Le 14 juillet 2000 sur les hauts de Vence, acrylique (vendu)


Elisa et moi fîmes l'amour le temps de ses vacances. Elle me reçut comme le meilleur souvenir amoureux de sa vie, et m'accompagna en voiture jusqu'à Angers pour prendre livraison d'une harpe à cordes croisées que j'avais faite faire par Denis Brevet pour remplacer celle qui m'avait été volée. Elisa s'apprêtait à déménager dans la ville de Nice, où elle avait un  emploi de directrice d'école . Un emploi qu'elle ne voulait pas quitter, car elle devait payer les études de sa fille, et aurait des traites à payer pour l'appartement où elle allait vivre . Elle ne voulait pas me suivre, mais je pouvais rester.  Je ne voulais pas vivre dans une ville. De retour à Formentera, je vis qu'un rocher était tombé juste à un des endroits où j'avais coutume de méditer, de jouer de la musique et de danser , en bas de la falaise . Je repartis pour la Polynésie en août 2000.

*


avec Nimozette , 2009

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WELCOME -Video d' accueil

Nim and Dom dance in 2009
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opus 320 : TE TINO I ROTO TE MARAMARAMA

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D.O.TRON, opus 260 : Te mau tita one no te rai mai

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opus 109 : te ori o te hoera'a

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opus 248 : te ara

TECLAR SOBRE "PEINTURES"

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opus 93 :te pu i u'ufau

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opus 106 : te opani hope

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opus 140 : tatauhia i roto

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opus 148 : te farereira'a i Atiha

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opus 311 : te are ninamu

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tron.dominique@gmail.com

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1974 :Baris in Batuan,Bali by D.O.TRON

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1982 : Panji Gambuh in Batuan, Bali, by D.O.TRON

 

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Demang : comic dance by D.O.TRON in Pedungan, Bali

 

HOW TO BECOME A PARADISE BIRD

 

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livre disponible sur Internet , taper les mots du titre pour trouver le libraire. Sur la couverture Dominique Tron en 1966 photographié par Alain Sabatier à Grasse.

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1997 :rehearsal with my students in Tahiti. Behind Namata, I have in the hand a flute I have made ith Maharepa mountain reed.

 

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Sylvie and Samantha . Watch them in the Key 7

 

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opus 14 : 'a faari'i te pupura'a o te meho nui ha'atupu'a .At the bottom of a desert canyon, in Bali, I heard the call of the Paradise Bird. 

D.O. TRON -opus 52b 

Opus 52 : Atatia Anoanomarie (= the wise counsellor for Justice is coming) Later ,The Paradise Bird put me in contact with Sri Agastyar. One day , i listened his voice and he started to guide me.

D.O. TRON -opus 304b-te mau huero piru

D.O.TRON : opus 304

D.O. TRON - opus 167

D.O. TRON, opus 167 : porte arrière de l'atelier à Tiahura

D.O. TRON - opus 166 - te fare pe

D.O. TRON, opus 166 : Te fare pe o te oaoa (la maison déglinguée de la joie) 

D.O. TRON - opus 169 -Maria peata

 

D.O. TRON - opus 263d -te huero o te ao,c

 

D.O. TRON -opus 339

 

D. O . TRON - opus 100b -te hoa o te u

 

D.O. TRON - opus 145 -,te rerera'a

 

D.O. TRON -opus 327

     ABOVE : opus 169 : Maria Peata (Sainte Marie ), then  opus 26 : te huero o te ao (l'oeuf du monde , the seed of the world), then opus 339 : te ora i roto te ofa'i ( The stone coming to life) , then opus 100 : Te hoa o te u (l'ami de la couleur), then opus 145 : te rerera'a (l'envol), then opus 327 (la Mère et l'enfant)

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" - je serai ça pour toi. Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf"

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Nim le 20 juillet 2010

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Dominique in the Baris dance, Batuan temple 1974

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1976 in India: Serenity School . Thandhirayankuppam. Tamil Nadu

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1983 in Bali, Pedungan. I Gede Geruh dancing Mata, Dominique playing suling gambuh

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X harp made by Denis Brevet and panflute made by Popescu

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Carving made by Toni Marin

D.O. TRON - opus 292-te tere o to'u mau ivi,f

D.O. TRON - opus 292 : te tere o to'u mau ivi (le voyage de mes os ) :

Pour la plupart de mes contemporains je ne suis qu'un gibier,

un semblant d'existence qui se heurte à chaque carrefour à des chasses gardées

et là il manque toujours un permis même pour respirer !

 

Je me croyais riche, car abondamment pourvu d'amour et de savoirs

Mais mes revenus n'atteignaient nulle part le taux de l'innocence institutionnelle

mes efforts étaient livrés aux rapaces qui partout bénéficiaient de visas ...

Il fallait qu'ils me traquent en plus afin de briser l'écho de mon chant

jusqu'à ce que seule l'invisibilité me fasse m'évader de leur labyrinthe.

 

Les bouchers passaient haut la main toutes les frontières

comme si les antilopes et les lamantins n' étaient venus au monde

que pour leurs containers réfrigérés

Heureusement le Théâtre du Phénix m'enseigna à naviguer sur plusieurs plans de l'existence

dans le silence j'entendais son chant se graver dans ma gorge

pour que je trouve absurde de  baisser les bras

et pour que j'apprenne à m'envoler de toute mon âme dans le soleil ....

Un de ses rayons a tracé la voie de mon nid dans les collines d'ébene et de lait de la chair parfumée de Nimozette.

 

Certes, s'ils pouvaient nous repérer

les coordinateurs généraux nous assiègeaient

les petits bandits nous guettaient eux aussi, 

déguisés les fascismes tribaux et cravatés avait un droit coutumier sur nous,

soi-disant ...

Nous étions l'obsession de  leur festin cannibale

car ils ne savaient recevoir l'offrande Divine d'Amour dans la quête de l'équilibre

alors ils convoitaient la chance et oubliaient la modération

Plus d'une fois je m'éveillais sur leur gril , ils nous apprêtaient avec leurs sauces.

 

Oui, leurs pièges sont puissants en cette préhistoire

Et leurs fantômes se réduisent à leurs ombres mornes passagères,

Car leurs chairs ne sont pas habités par la lumière

 

Alors si mes os capturés brûlent un jour comme ceux du gibier

qu'ils se consument jusqu'à n'être que ces rayons  du temple de l'Univers

Que ces piliers chantant pour te joindre, lecteur, au choeur des transparents célestes.

 

Déjà,  ouvert attentif au silence des vertus et ne parlant pas pour ne rien dire

sur cette Terre nous pouvons percevoir et apprendre de l'Eternité ....

Les enfants et les vieillards sincères y trouveront le levain de l'espérance

celui transmis jusqu'à ces temps par les mutants rescapés de l'Hstoire Prédatrice

cruxifiés par les bêtes rebelles à la logique de l'Amour Divin ...

Elles se déguisent de toutes les idéologies mais s'éteignent par leur propre mensonge

tandis que se transmettent les rêves d'évolution, la chanson internationale du partage .

 

J'ai tenté de déjouer les pièges par le théâtre approprié et c'est encore

un travail constant, récompensé d'un côté par l'aimante inspiration supramentale de la Conscience Cosmique

et de l'autre côté sanctionné par l'indifférence , la moquerie et l'opprobe

mais quel bonheur de  distribuer tant de fruits aux quelques fleurs miraculeuses de gratitude

en dépit du temps arrogant des spéculateurs qui empoisonnent les fontaines de jouvence.

 

Giflé sur cette Terre par les tenants du snobisme , de la mesquinerie et de la raison d'Etat

Rançonné par les voyous des bas et hauts quartiers de l'apartheid planétaire

Je me suis heurté  aux murs aveugles  mais j'ai tenté de les sculpter  pour qu'ils soient habitables

tel Pygmalion truvant la vie de  Galatée au fil de sa caresse volontaire,

ou tel Jayadeva immergé dans la prière du berger 

Jusqu'à l'offrande de Padmavati, possible seulement par la consécration 

 

J'offrais la clé de cet Eden reçu au profond de mon coeur

mais rares furent les âmes qui trouvèrent que c'était un précieux cadeau

néammoins un jour que je parlais de cette conscience joyeuse

où il est question de construire nos souffles dans les vertus mises en pratique jusqu'à l'envol

et où toute langue perd son sens sans relais ni interlocuteur

Nimozette m'a dit "Je serai cela pour toi    

Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf !"

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