Partager l'article ! mémoires d'un citoyen du monde - 12 (Moorea, Huahine,Cameroun): CHAPITRE XII Haapiti (Moorea), To'erauroa (Huahine), Maatea (Moorea) ...

Te mau hoa o te poipoi (les amis du matin) ,acrylique , vendue
Nous habitâmes alors dans une maison familiale assez vaste , dont j 'habillais la vétusté avec mes peintures. La maison se situait dans un jardin avec de grands arbres, avocatier ,et surtout maiorés (arbre à pain), le tout mêlé de bananiers et d'hibiscus. l 'endroit aurait été idyllique si quelques individus, dans la vallée, ne s'étaient pas senti en droit de diffuser les basses electroniques ou les sermons de leur radio à plusieurs centaines de mettre à la ronde, et souvent en continu. Suite à une bagarre entre jeunes de Maatea et d'Afareaitu, bagarre diffuée par téléphone sur internet par un cousin de Tila, l 'église et les élus de tous bords participa à une assemblée générale de la population sur le terrain de foot-ball, où les policiers municipaux et les gendarmes expliquèrent qu 'il ne fallait pas chercher à se venger soi-même des affronts, et qu 'il valait mieux porter plainte. Ce que firent plus d'un, notamment contre les nuisances sonores, mais les délinquants relançaient leurs décibels apres le départ des mutoï (police ). Parmi ces individus bruyants, il y avait quelques uns des jeunes qui avaient bénificié de l 'achat d'un chariot musical, par le biais des casse-croûtes que Tila confectionnait dans le cadre de ses activités paroissiales. Pour avoir incendié une maison, démoli une voiture et envoyé le conducteur à l'hopital,ils avaient écopé d'un amende d'un million de francs, pour laquelle tous les villageois avaient cotisé, y compris moi-même, sur la promesse de comportements plus civiques. J 'ai toujours apprécié entendre des voisins jouer de la musique et chanter, lorsque c 'est sans amplification excessive, mais lorsque des enregistrements de musique mécaniques sont diffusés pour toute une vallée, je souffre. En outre,dés qu'une maison était laissée sans surveillance, elle est victime de vols. Je ne pouvais pas quitter les parages si Tila ne restait pas présente, et elle était généralement absente tous les jours jusqu'à tres tard dans la nuit, plus sollicitée que jamais, pour faire des couleurs de fleur ou des costumes de feuilles pour la danse, mais surtout pour des cuisines perpétuelles, ceci étant une façon coutumière de financer les associations sportives, culturelles, religieuses .
Un jour, excédé par le bruit excessif de mes voisins les plus jeunes, et pensant qu 'ils avaient été intimidé par les gendarmes tahitiens le jour où ils étaient venus les chercher l 'arme au poing, j 'allais leur demander courtoisement de baisser le volume de leurs décibels. je ne les trouvais pas, car s'ils avaient laissé leur chariot "musical" pres de ma fenêtre, ils étaient occupés bien plus loin. Mais leur mère, une parente obèse de Tila, qui vendait des cerettes confites et autres sucreries à côté de son portail, se mit à hurler que ses enfants allaient me tuer , puisque je n 'aimais ni les jeunes ni la musique. Elle disait aussi qu 'elle avait indiqué à Tila une maison isolée dans la vallée, mais Tila ne m 'en avait jamais touché un mot, car cela l 'aurait éloigné des maisons où elle officiait à l 'entour. En fait , Tila était tellement absente que sa soeur Turere et son frere Teremu la grondaient continuellement, l 'avertissant que ce n 'était pas en négligeant d'être avec moi jusqu'à tard dans la nuit qu'elle conserverait son "tane popa'a". Turere allait jusqu'à me suggérer de menacer Tila d'une séparation, si elle ne changeait pas de comportement. Mais Tila n 'en avait cure, persuadée que l'on peut garder un homme plus âgé par des gâteries sexuelles intermittentes, et supposant sans doute que je ne trouverai pas de femmes sur l 'île qui ne soit mariées, ou vénales, ou ivrognesses.
En guise de communication avec Tila, je n 'avais désormais que des relations sexuelles .Elle ne répétait même plus les danses qu 'elle avait étudiées à Huahiné, et elle ne jouait plus de musique avec moi à la maison, puisqu'elle n 'y était que rarement. En un sens , elle était consciente que notre nouvelle vie était à l 'opposé de ce qu 'elle m 'avait promis pour me convaincre de déménager à Maatea. Car elle ne savait pas dire non aux militants évangélistes qui la sollicitaient, et qui sacralisaient ses services de l'onction "du Bon Dieu". Comme ni elle ni moi ne nous laissions aller à la colère, elle pensait queje m 'adapterai à ce rôle de nain de jardin où elle me cantonnait désormais .Plus d'un couple tahitien ou mixte s'en contente , mais je ressentais une sorte de solitude à m 'entraîner seul à la musique et à la danse. Même lorsque je peignais, il était davantage enchanteur de le faire près d'une présence féminine aimante. Bien sûr, elle pensait aussi que j 'aurais pu l 'accompagner dans ses occupations . Mais j 'avais déjà participé ,bien longtemps avant de la connaître, à des répétitions folkloriques chez son oncle Augustin, et je savais qu'il s'agissait le plus souvent de s'attendre les uns les autres pendant des heures, dans des ambiances noctambules de grignotages, de boissons alcooliques , de décibels et de télévision , pour ne pas aller plus loin dans le tableau de moeurs.
Tila rentrait souvent vers 1heure du matin, et elle dormait donc jusqu 'à ce qu 'un klaxon lui signifie devant la porte qu 'elle était attendue pour un nouveau service, quelques heures apres qu 'elle se soit endormie. Apres 5 ans et demi de vie commune, je constatais une régression complète de notre vie de couple, et un refus total de sa part de déménager ailleurs .
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L'art a toujours été pour moi un outil de vie, un langage plus complet que celui des mots, qu'il englobe, pour orchestrer une évolution dans la vie quotidienne intérieure et extérieure. Puis j’ai constaté , aussi bien en Europe qu'en Asie ou dans le Pacifique, qu'à peu près personne ne pratiquait un art sans pouvoir compter sur une connivence sociale. Certes, je peux avoir besoin de la connivence sociale, moi aussi, pour survivre sans être esclave complet du tourbillon . J’ai même observé que cette connivence était généralement antérieure à l'approbation des productions artistiques . Si on est adopté par un milieu social et artistique, on est valorisé par lui, encouragé . Sans doute la nostalgie qu'avait Tila de son village avait là sa raison d'être. En dépit de tous les coups bas, il y a pour le natif de la grande famille, des compliments d'office, à l'excès même. On dénigre trois pas esquissés par les enfants d'un autre groupe mais pour ceux de la famille, on est dans le dithyrambe permanent . Mais comment trouverai-je la grande famille de l 'humanité si ce n 'est dans une relation fusionnelle et pédagogique aussi complète que celle assumée pendant de nombreuses années par Christine . Elle n'en a d'ailleurs jamais renié les bienfaits, même si sa nouvelle vie avec Toni a d'autres priorités, notamment sur le plan de l'autarcie agricole et de la thérapie par magnétisme .. Nous devons aimer chaque créature , disait Peter Deunov, chacune à la distance où cela est possible.
En décembre 2008 j 'ai rencontré Nimozette Filola Nzoke. En me voyant danser le Théâtre des oiseaux de Paradis, elle a eu l'instinct d'en imiter spontanément les gestuelles, en public, et elle s'est montreé motivée pour étudier davantage et assurer la transmission de ce trésor de formes et de sens . Lorsque j'ai évoqué mon rêve de Pygmalion et Galatée , de Padmavati avec Jayadeva, elle m 'a répondu : "je serai ça pour toi" , et aussi : "je te ferai tourner comme un ventilateur neuf"... Elle s'est appliquée ensuite à entretenir sa crédibilité .
Le 20 décembre 2008 je quittais Moorea et arrivais à Formentera le 24 Décembre , puis à Marseille le 3 janvier 2009. Mon père décédait sous mes yeux le 6 janvier 2009 à 1h 30 du matin, et j 'accompagnais en mer mon frere à une mille au sud-est de l 'île de Planier là où Ferdinand Tron avait demandé qu 'on répande ses cendres
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Une nouvelle vie a commencé en Afrique le 20 janvier 2009 . Nimozette Filola NZOKE est née le 11 Mai 1984 à Elogbatindi. Son premier prénom Nimozette avait été suggéré par un prêtre chrétien. Quand à Filola, son second prénom, il avait été inspiré par le personnage d'un film indien. Nzoke, le nom de famille , évoque l 'ivoire de l 'éléphant.

Sur l'Afrique en général on lira avec interêt les ouvrages d' Ahmadou Kourouma (l "Allah n 'est pas obligé" éd du Seuil ,2000) , Effa ( "Le cri que tu pousses ne réveillera personne", Gallimard), Rosny (Les yeux de ma chèvre ,collection Terre Humaine), Nigel Barley ("Un anthropologue en déroute", "le retour de l'anthropologue", Payot) , Jeanne -Françoise Vincent (Princes montagnards du Nord Cameroun, 2 tomes, L'Harmattan 1991) ainsi que Mongo Betti (Trop de soleil tue l'amour,juillard 1999) . J'imagine que Mongo Beti doit être bien plus riche que moi pour qu'il puisse proclamer que des millions de francs CFA soient des sommes dérisoires.
J'ai donc vécu l'année 2009 avec Nimo pres de la plage à Mpalla, puis Mahalé, deux villages de la côte camerounaise. A partir d'un cyber-café de Kribi, la ville la plus proche, j'ai publié , lorsque la connexion internet a été assez stable , des fichiers videos et audio qui peuvent illustrer divers épisodes de ces mémoires. De nombreux documents seront encore publiés , au fil des possibilités, sur ce blog, et sur <www.wat.tv/dominiqueTron> ainsi que sur <www;youtube.com - tronoriatadominique>
Sri Aurobindo écrivit :"Presque tout artiste (il y a de rares exceptions) a en lui quelque chose de l'homme "public", dans ses parties vitales-physiques, le besoin du stimulant que donne l'auditoire, l'appréciation sociale, la satisfaction de la vanité ou de la gloire. Cela doit disparaître complètement s'il veut être un yogin, et s'il veut que son art soit au service non pas de l'homme, ni de son propre égo, mais du Divin"
Que l 'Amour et la Conscience Divine soient toujours mieux reçus dans la vie quotidienne de chacun de nous. Et que les peuples de la Planète Terre parviennent à évoluer en un seul peuple sans frontières ,avec des lois de justice sociale et une éducation diversifiée pour un développement harmonieux des capacités de chacun.
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MADINGWA
("je t 'aime", en bakoko)
EXTRAITS DE MON JOURNAL DE BORD 2009
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jdb09-3-13
Nimo me raconte qu 'au large de son village il y a une île que l 'on aperçoit au loin sur la ligne de l 'horizon , et qui est appelée jardin d'Eden car de temps en temps les courants apportent des fruits et ce serait de cette île.Mais nul n 'est jamais arrivé à cette île, toutes les expéditions se sont soldées par des échecs et des naufrages. Un jour des blancs décidèrent d'aller s'y installer et affrétèrent un navire puissant, mais il fit naufrage.
Ensuite elle me raconte l 'histoire d'un autre naufrage de navire habité par des blancs. Toute la population vint proposer son aide, à condition qu 'on lui laisse prendre sur le bateau tout ce qui était récupérable. Néammoins il y avait sur le bateau une chambre forte dont les blancs refusèrent de donner les clefs , car elle contenait une cargaison de mercure, ce qu'il était dangereux à manipuler pour les hommes et l'environnement. Ce refus mal compris irrita les villageois, qui cessèrent de secourir les blancs. Un vieux emporta une mallette. Les blancs se débrouillèrent de survivre au naufrage avec leur équipement, et eurent l 'idée d'essayer de récupérer la mallette, car elle était pleine d'euros, à peu pres le montant du budget d'un pays, dit on. Mais le vieux n 'avait pas compris la valeur de ce papier monnaie, qui avait été utilisé pour tous les usages qu 'on réserve au papier, pour amorcer les feux ou se nettoyer le derriere, et dispersé dans la campagne par les enfants. Les blancs récupérèrent les restes . Lorsque l'on sut plus tard au village ce que contenait la mallette. des villageois furieux vinrent alors tuer le vieil homme qui avait récupéré en vain la mallette et l 'avait rendue en partie vide.
Nimo, toujours en rigolant et en me certifiant que tout cela est vrai, avec l 'air pourtant de n 'y croire que pour en rire, me raconte l 'histoire d'un autre mallette.
Il était une fois une femme noire qui voulait à tout prix voyager pour échapper à la pauvreté, et qui pour cela s'était mise avec un blanc tres riche qui ne lui plaisait que pour son argent, et elle pensait le quitter dès qu 'ils seraient en France. Mais voilà ce blanc n'avait aucune envie de retourner en Europe, peut-être parcequ 'il y était recherché comme un grand bandit . En plus ce blanc battait la femme , de gros coups bien dosés (dixit Nimo) dès qu'elle commençait ses jérémiades et récriminations. Alors elle alla au commissariat, espérant que les policiers lui serviraientt une partie du pot de vin que le blanc devrait allonger pour faire retirer la plainte. Mais les policiers semblaient ne pas vouloir s'en prendre à ce blanc là, gros gibier qui pouvait avoir d'autres protections plus haut. Ils se moquèrent de la femme en disant : "ne t'inquiète pas, même s'il te crève l 'oeil ou te casse le pied, il t 'en rachètera un, car en France on vend tout ça et il n 'aimera pas se montrer avec une femme borgne, et il aimera que tu aies un nouveau pied pour que tu puisses continuer à le servir". La femme revint à la luxueuse visa, tellement amère qu 'elle décida de se mettre en quête de l 'endroit où le blanc cachait son argent. Un jour elle découvrit une mallette, mais pour ne pas se faire prendre avec ça à la main en la sortant par la porte, elle la jeta par la fenêtre dans le jardin. Manque de pot, la mallette tomba sur la tête du jardinier, qui cria sa douleur. Affolée et craignant que le jardinier réveille les dormeurs , ou ouvre la mallette puis l'emporte ailleurs pour lui seul, la femme sauta à son tour par la fenêtre, mais elle se cassa la cheville. Arrivée en bas , elle fit vite taire le jardinier en lui montrant quelques billets mais celui-ci voulut voir le contenu complet de la mallette et négocia une grosse part, pour se contenter de la moitié. Elle ne pouvait lui laisser plus car elle craignait ne pas avoir assez pour s'acheter ensuite un nouveau pied en France, et elle ne revint jamais au pays.
Comme on rigole souvent en s'appelant mutuellement "mon grand gorille blanc" et "mon petit ouistiti chocolaté", Nimo m'a dit une fois : " Tu sais , les gorilles ce sont des hommes, ce sont nos cousins lointains" je lui réponds : "- Tes cousins ?", elle me répond : "ce sont donc les tiens aussi. même qu 'un homme une fois ici avait un petit frere qui ressemblait tellement à un gorille qu 'il avait presque réussi à le vendre à des blancs venus pour un zoo qui recrutait des bêtes en Europe. Mais finalement à l 'aéroport on lui a demandé ses papiers, et les noirs de la douane ne l 'ont pas laissé passé, car ils savaient que ce n 'était pas un gorille. Tu sais, quand j 'étais petite , dans mon village Elogbatindi, les gorilles habitaient dans la foret à côté et il n 'était pas rare qu 'ils jettent un coup d'oeil sur les marmites qui refroidissaient, et s'il n 'y avait personne pour les surveiller , ils mangeaient. Une fois on a trouvé 5 gorilles autour d'une marmite et ils se régalaient, et lorsqu 'on est arrivé, ils n'ont pas eu peur vu qu 'ils étaient 5. Les gens leur ont jeté des sorts en leur montrant du doigt leur propres trous du cul et des poires de lavement de la pharmacie. Ca ça fait peur aux gorilles , qu 'on leur fasse un lavement du colon, rien que l 'idée ça les fait fuir. Ils sont partis, mais comme ils étaient très mécontents , ils ont renversé d'abord la marmite par terre, et ça ça prouve que ce sont des hommes. Puis avec les années les villageois ont eu des fusils, et les gorilles ont jugé prudent d'aller habiter dans les montagnes pour ne pas finir dans les marmites. Mais ce sont des hommes, ce sont vos cousins, bref nos cousins"
Un autre jour, elle me dit que sa tante Rose (qui m 'a promis de m 'apporter du crocodile, un mets recherché, coûteux à moins qu 'on ait réussi à en attrapper un) a vu, de ses yeux vu, un serpent vomir des billets de banque. Elle était dans le salon de coiffure MIMOZA, et elle entend un bruit de vomissement chez la voisine du marché, celle qui me demandait de l 'argent si je tournais l 'appareil de photo vers elle, car ici on ne vole pas les images car on pourait lancer des sorts avec. Bref le serpent vomissait les billets de banque qu 'il avait volé pour elle en passant d'un étal du marché à l 'autre, profitant de la distraction des marchandes qui ne peuvent toujours avoir l 'oeil sur leur caisse.
Mais le serpent ne faisait pas ça pour rien . En fait il négocie d'abord. Souvent ce qu 'il négocie c 'est un membre de la famille de ceux qu 'il va aider. La famille le vend et le serpent l 'emmène au pays des Iwawas. Le pays des Iwawas c 'est un monde parallèle, mais ils ont des esclaves dans diverses parties du monde. On retrouve parfois dans une rue de Douala un gars qui a disparu à Kribi, et il travaille pour les Iwawas, comme un automate, pour leur fournir de la force vitale, ce qui est tres recherché chez les zombis. Parfois même un sorcier peut faire passer une grosse maladie dans la peau d'un frère ou d'un cousin."
Alors que Nimo racontait tou cela, notre copain Rodrigue approuvait , en signalant cependant que ces choses là ne peuvent arriver aux blancs, alors que Nimo me disait que bien des blancs parmi les plus riches sont devenus des magiciens impitoyables.
"Une fois", me dit -elle, "il y avait une fille de Kribi qui avait noué une amitié avec une fille de Douala de passage, et qui était tres riche, avec grosse automobile et énorme villa sur la plage " . La fille de Douala explique à la fille de Kribi : "je peux te montrer comment tu peux devenir riche comme moi, viens à Douala et tu verras de tes propres yeux".En fait la fille de Douala avait fait un pacte avec un serpent qui voulait faire l 'amour avec elle, avant de vomir à ses pieds les billets de banque qu'il avait volé. Et maintenant qu 'elle était riche, elle voulait sortir de cette prostitution, et la seule solution pour que le serpent lui lâche les baskets c 'était de lui trouver une remplaçante .
La fille de Douala poste sa nouvelle amie derriere un trou de serrure, afin qu 'elle puisse assister à la visite du serpent dans sa chambre aux murs et au plafond couverts de miroirs. Pour faire l 'amour, le serpent entre complètement dans la poupounette de la femme, et lorsqu 'il est bien chargé de son énergie pour la journée, il sort et vomit ses billets de banque. La fille de Douala explique à l 'autre qu 'elle va des le lendemain lui céder sa place, et que ce sera à son tour d'en finir avec toutes ces galères qui sont le lot de tous ceux qui manquent d'argent pour tout, pour les médicaments et même pour payer le cyber-café où on peut trouver l 'âme soeur tellement il y a le choix, mais il faut la patience de dialoguer des heures pour être sûr qu 'on n 'a pas affaire à un maitre porno ou un proxénète mais à un vrai sentimental qui sait ce qu 'est l 'amour. Et surtout il ne faut pas etre encore en contrat avec un serpent qui sera jaloux du nouveau venu.
Donc maintenant qu 'elle est riche et qu 'elle cherche l 'amour, elle est prête à refiler son serpent à la copine de Kribi. mais elle l'avertit que celle-ci doit éviter de crier et encore moins de se rhabiller, quoique le serpent fasse dans son ventre.Sinon, si elle commence à se contracter, le serpent aura du mal à sortir du vagin, et va chercher une issue ailleurs et là, bonjour les dégâts. La néophyte lui garantit qu'elle est tellement en manque d'argent qu 'elle supportera sans peine la pénétration du serpent. Mais une fois que le serpent est entièrement dedans, elle se sent vraiment mal et inquiète, et c 'est plutot de la souffrance que l 'orgasme. Alors apres une demi-heure, elle n 'en peut plus , elle hurle, ce qui rend le serpent furieux , et donc elle hurle encore plus. Finalement le serpent commence à la manger de l 'intérieur . La pauvre fille se rhabille et prend le bus pour rentrer à Kribi où tout le monde croit qu 'elle est enceinte. Mais elle meurt peu apres d'une hémorragie, et le serpent qui a finalement trouvé le moyen de sortir la laisse maigre et morte "comme une ethiopienne affamée".
jdb09-4-3 : Nouvelles de Tandhirayankuppam . Kasthuri lance deux appels au secours pour les mêmes raisons qu 'il y a dix ans. J 'étais venu, j 'avais fini par obtenir un accord avec la chefferie (le panchayat), avec l 'arbitrage de Pierre, car le principal meneur de la contestation était Mani, qui est un intermédiaire entre Pierre et les villageois dont il était le premier employeur. Mani et les siens souhaitaient dégommer Kasthuri de son poste : n 'était elle pas une étrangère, certes une tamile mais de caste paysanne. Même mille ans de résidence ne lui donnerait jamais aucun droit sur les emplois disponibles sur cette plage. Le panchayat a admis le principe d'un versement de 10% sur les loyers qu 'encaissait Kasthuri. Kasthuri a continué à engranger les loyers, rien que pour elle, sauf que lors du tsunami en 2004, les locataires ont déserté, ne se sont pas transmis leur maison de week-end comme depuis 1981 .
Ensuite, Kasturi m 'a dit qu 'il était impossible de trouver des locataires. Il fallait que j 'envoie de l 'argent, pour l 'aider, ou pour les canalisations d'eau, la nappe phréatique étant gâtée. J 'ai envoyé ,même lorsque je n 'équilibrais pas mon budget mensuel . Mais Kasthuri n'envoyait plus de comptes. Elle m 'avait donné le n° de téléphone de Laxmi, sa voisine, je l 'ai appellée un jour pour savoir si elle avait reçu mon argent. Sa voix semblait fausse, et aussitôt apres je partais en scooter et en tombait.
Un jour Pierre m 'a téléphoné à Huahiné. Il s'était fait jeter par Kasturi, alors qu 'il était venu faire visiter un locataire potentiel. Puis quand G., dont j'avais gardé la maison en 1976 m'a demandé la permission de construire une cabane en bas de l 'ermitage Waringin, afin qu 'il soit en sécurité le temps de réhabiliter cette maison presaqu'en ruine, à l 'abandon sans gardien depuis trente ans presque, j 'ai été d'accord avec enthousiasme. Mais Kasthuri l 'a viré lui aussi, et pourtant il a même un sang et un look tamoul. Du coup G. est retourné illico en France, où il est gardien de musée, retraité dans un an.
Appelée au téléphone chez Laxmi, Kasthuri était tres en colère : " qui donc avait reçu la charge de mon terrain, sinon elle ?".
Mais Laxmi a compris que Kasthuri avait chassé la personne même qui avait défendu son emploi devant le panchayat en 1999, car alors Mani était son employé .Elle avait expulsé pour me cacher qu 'elle avait en fait des locataires, et pour jouer son rôle de victime jusqu 'au bout (Ceci dit elle a elle même lune maison en dur dont elle a hérité a hérité ainsi que d'un très grand terrain).
Bref maintenant Kasthuri m 'appelle au secours. Elle affirme que Laxmi jouait le rôle d'agent double aupres de Mani et Kasthuri affirme aussi que j 'ai donné la charge du terrain à Mani. Mani affirme que l 'accord de 1999, c 'était 5O % et pas 10%. Mani a menacé Anail, la nouvelle locataire qu 'avait trouvé Kasthuri, pour qu 'elle déguerpisse. Elle avait même payé d'avance. Mani a placé ses locataires, qui l 'ont payé d'avance . Kasthuri est allé cherché alors Kasha comme traductrice. Kasha m'a appris ensuite qu'elle avait loué la maison pendant des anées, à la suite d' Olivier, et d'un autre Dominique. Kasturi lui avait dit prendre juste son salaire, et me garder le reste de l 'argent.
Kasha était partie parceque je ne mettais pas l 'argent dans l 'entretien, alors que tout part en ruines, et voyait en Kasthuri une femme exceptionnelle (cesrait le cas, si on la compare à ses homologues de la caste des pêcheurs, qui ne daigneraient pas arroser une plante , ce n'est pas de leur caste). Au moins Kasthuri a parfois arrosé les plantes grasses, ( les arbres fruitiers que j'avais plantés sont morts apres mon départ). Ou plutot Poorani a arrosé. Car à Huahine j 'avais reçu un mot de Poorani, en tamil, et apres une matinée avec le dictionnaire, ça disait sans aucun doute : "ma mère est un tyran. Elle me fait faire tout le travail dans ton jardin et ne me donne pas un sou. Elle truque les comptes en se faisant passer pour ta servante". Cette fois Poorani m 'envoie une adresse internet, comme je lui avais conseillé de le faire, mais elle fonctionne mal cette adresse. Kasthuri disait à Kasha qu 'elle mettait une partie de l 'argent du loyer sur un compte pour moi. Bref Kasha va essayer de reprendre ça en main avec Pierre qu 'elle connait. Par ailleurs Arumungan, qui jadis collaborait avec Kasturi pour l'entretien du terrain, a déplacé sa cloture pour élargir sa maison. Au début chacun de ces deux avait un salaire, prélevé sur le revenu locatif de rois bungalows, elle pour l'arrosage, et lui pour l'entretien. Mais leur mésentente était telle qu'ils s'étaient partagés leur zones d'influence sur le terrain. Arumangan avait été remplacé par MayaKrishnan apres qu'il ait incendié , lors d'une cuisson mal surveilée, un des bungalows qu'il avait transformé en fabrique illégale de shelom.
En mai 1999, Kasthuri soufrait de l'absence de son mari, presque toujours dans le village de son autre femme, au point de me faire des avances tres explicites, et je suppose qu 'elle m 'en a voulu depuis de ne pas avoir acepté ses mains baladeuses.
jdb09-4-7
Nimozette me dit qu'il ya un blanc qui n 'est pas accepté par la famille de la tante de sa femme côté père . La tante a piqué une crise pres d'une buvette de la plage, en ville,et hurlait : "fils de pauvre ! tu n'as même pas de voiture, tu marches à pied comme un rat, un rat palmiste. Oui le jour de la dot je soulèverai mon doigt pour dire que je suis contre ce mariage, lézard sans avenir ! Répond à mes insultes et tu vas voir ce que tu vas recevoir. Et regarde celui là qui passe dans sa grosse voiture... Ca c 'est un vrai blanc !"
Le futur mari de la nièce regardait la scène à la façon d'un chien qui regarde la télé, mais disait quand même qu'il allait installer l 'électricité pour la buvette de sa femme et celle des voisins, excepté celle de la tante. Il avait déjà acheté un congélateur et de nombreuses chaises en plastique .
jdb 09-4-29
Hier soir, apres le coucher du soleil, Nimo, sur la plage, tout en me massant doucement la poitrine alors que je regardais les étoiles, m’a raconté comment son grand pere Vincent avait vendu ses deux filles avant même leur naissance. D’abord Rose, la tante de Nimo, puis en 1965, Louise, sa maman.
A cette époque là Marie, la grand mère, avait déjà annulé son mariage en remboursant la dot que Vincent avait payé pour l’épouser. En fait Marie n’avait jamais été informée par Vincent du fait que celui-ci avait déjà encaissé des dots pour des enfants qui étaient encore dans son ventre. Mais bien plus tard elle découvrit que ses enfants ne vivaient plus au village d'Elogbatindi et qu'on lui apprit que ses filles Rose et Louise , qui avaient alors entre 15 et 17 ans étaient déjà avec les maris prévus par leur grand pere .
Ayant juré que ses filles ne seraient mariées qu’avec un homme qu’elles auraient choisi ou accepté, Marie se mit à chercher Rose dans toute la ville de Douala et finit par la retrouver . Mariée à un tuberculeux, elle avait contractée la tuberculose. Marie confia alors Rose à son frere qui était médecin dans l’hopital de cette ville. Cela lui prit plus de temps encore pour retrouver Marie, car elle avait été mariée à un homme d’un village lointain dans la forêt .Cet homme avait 65 ans lorsque Louise était encore dans le ventre de sa mère
.Ce n’est que le jour où une marchande ambulante reconnut Louise sur une photo que Marie put localiser ce village. La marchande ambulante la conduisit aux environs du village, mais ne voulait pas se montrer pour ne pas perdre sa clientèle vu qu'elle serait accusée d’être complice d’une évasion. Heureusement Marie trouva les femmes au bain dans la riviere, avant même de croiser des villageois mâles qui se seraient opposés au départ de Louise. Marie distribue alors des billets de 1000 francs cfa aux femmes présentes qui disent à Louise qu’elle est bien chanceuse de pouvoir s’évader, vu que toutes ont été mariées dans les mêmes conditions, c'est la tradition.
Louise et Marie partent en courant sur la route, et voient passer un taxi brousse
surchargé, l'une s'entasse dedans, l'autre s'accroche derriere, les pieds sur le parechoc, et finalement constate queles villageois finalement courent dans leur direction, ils ont découvert l'évasion, le "rapt", mais la voiture est plus rapide
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D.O.TRON, opus 260 : Te mau tita one no te rai mai
opus 109 : te ori o te hoera'a
opus 248 : te ara
opus 93 :te pu i u'ufau
opus 106 : te opani hope
opus 140 : tatauhia i roto
opus 148 : te farereira'a i Atiha
opus 311 : te are ninamu
1974 :Baris in Batuan,Bali by D.O.TRON
1982 : Panji Gambuh in Batuan, Bali, by D.O.TRON
Demang : comic dance by D.O.TRON in Pedungan, Bali
livre disponible sur Internet , taper les mots du titre pour trouver le libraire. Sur la couverture Dominique Tron en 1966 photographié par Alain Sabatier à Grasse.
1997 :rehearsal with my students in Tahiti. Behind Namata, I have in the hand a flute I have made ith Maharepa mountain reed.
Sylvie and Samantha . Watch them in the Key 7
opus 14 : 'a faari'i te pupura'a o te meho nui ha'atupu'a .At the bottom of a desert canyon, in Bali, I heard the call of the Paradise Bird.
Opus 52 : Atatia Anoanomarie (= the wise counsellor for Justice is coming) Later ,The Paradise Bird put me in contact with Sri Agastyar. One day , i listened his voice and he started to guide me.
D.O.TRON : opus 304
D.O. TRON, opus 167 : porte arrière de l'atelier à Tiahura
D.O. TRON, opus 166 : Te fare pe o te oaoa (la maison déglinguée de la joie)
ABOVE : opus 169 : Maria Peata (Sainte Marie ), then opus 26 : te huero o te ao (l'oeuf du monde , the seed of the world), then opus 339 : te ora i roto te ofa'i ( The stone coming to life) , then opus 100 : Te hoa o te u (l'ami de la couleur), then opus 145 : te rerera'a (l'envol), then opus 327 (la Mère et l'enfant)
" - je serai ça pour toi. Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf"
Nim le 20 juillet 2010
Dominique in the Baris dance, Batuan temple 1974
1976 in India: Serenity School . Thandhirayankuppam. Tamil Nadu
1983 in Bali, Pedungan. I Gede Geruh dancing Mata, Dominique playing suling gambuh
X harp made by Denis Brevet and panflute made by Popescu
Carving made by Toni Marin
D.O. TRON - opus 292 : te tere o to'u mau ivi (le voyage de mes os ) :
Pour la plupart de mes contemporains je ne suis qu'un gibier,
un semblant d'existence qui se heurte à chaque carrefour à des chasses gardées
et là il manque toujours un permis même pour respirer !
Je me croyais riche, car abondamment pourvu d'amour et de savoirs
Mais mes revenus n'atteignaient nulle part le taux de l'innocence institutionnelle
mes efforts étaient livrés aux rapaces qui partout bénéficiaient de visas ...
Il fallait qu'ils me traquent en plus afin de briser l'écho de mon chant
jusqu'à ce que seule l'invisibilité me fasse m'évader de leur labyrinthe.
Les bouchers passaient haut la main toutes les frontières
comme si les antilopes et les lamantins n' étaient venus au monde
que pour leurs containers réfrigérés
Heureusement le Théâtre du Phénix m'enseigna à naviguer sur plusieurs plans de l'existence
dans le silence j'entendais son chant se graver dans ma gorge
pour que je trouve absurde de baisser les bras
et pour que j'apprenne à m'envoler de toute mon âme dans le soleil ....
Un de ses rayons a tracé la voie de mon nid dans les collines d'ébene et de lait de la chair parfumée de Nimozette.
Certes, s'ils pouvaient nous repérer
les coordinateurs généraux nous assiègeaient
les petits bandits nous guettaient eux aussi,
déguisés les fascismes tribaux et cravatés avait un droit coutumier sur nous,
soi-disant ...
Nous étions l'obsession de leur festin cannibale
car ils ne savaient recevoir l'offrande Divine d'Amour dans la quête de l'équilibre
alors ils convoitaient la chance et oubliaient la modération
Plus d'une fois je m'éveillais sur leur gril , ils nous apprêtaient avec leurs sauces.
Oui, leurs pièges sont puissants en cette préhistoire
Et leurs fantômes se réduisent à leurs ombres mornes passagères,
Car leurs chairs ne sont pas habités par la lumière
Alors si mes os capturés brûlent un jour comme ceux du gibier
qu'ils se consument jusqu'à n'être que ces rayons du temple de l'Univers
Que ces piliers chantant pour te joindre, lecteur, au choeur des transparents célestes.
Déjà, ouvert attentif au silence des vertus et ne parlant pas pour ne rien dire
sur cette Terre nous pouvons percevoir et apprendre de l'Eternité ....
Les enfants et les vieillards sincères y trouveront le levain de l'espérance
celui transmis jusqu'à ces temps par les mutants rescapés de l'Hstoire Prédatrice
cruxifiés par les bêtes rebelles à la logique de l'Amour Divin ...
Elles se déguisent de toutes les idéologies mais s'éteignent par leur propre mensonge
tandis que se transmettent les rêves d'évolution, la chanson internationale du partage .
J'ai tenté de déjouer les pièges par le théâtre approprié et c'est encore
un travail constant, récompensé d'un côté par l'aimante inspiration supramentale de la Conscience Cosmique
et de l'autre côté sanctionné par l'indifférence , la moquerie et l'opprobe
mais quel bonheur de distribuer tant de fruits aux quelques fleurs miraculeuses de gratitude
en dépit du temps arrogant des spéculateurs qui empoisonnent les fontaines de jouvence.
Giflé sur cette Terre par les tenants du snobisme , de la mesquinerie et de la raison d'Etat
Rançonné par les voyous des bas et hauts quartiers de l'apartheid planétaire
Je me suis heurté aux murs aveugles mais j'ai tenté de les sculpter pour qu'ils soient habitables
tel Pygmalion truvant la vie de Galatée au fil de sa caresse volontaire,
ou tel Jayadeva immergé dans la prière du berger
Jusqu'à l'offrande de Padmavati, possible seulement par la consécration
J'offrais la clé de cet Eden reçu au profond de mon coeur
mais rares furent les âmes qui trouvèrent que c'était un précieux cadeau
néammoins un jour que je parlais de cette conscience joyeuse
où il est question de construire nos souffles dans les vertus mises en pratique jusqu'à l'envol
et où toute langue perd son sens sans relais ni interlocuteur
Nimozette m'a dit "Je serai cela pour toi
Et je te ferai tourner comme un ventilateur neuf !"
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